Interview de Laura Trompette pour Vies de chien - Éditions : -

Bonjour à tous !

Après la lecture de Vies de chien le mois dernier, j’ai eu envie d’interviewer Laura Trompette pour en savoir un peu sur ses habitudes d’écriture et les sujets qui lui tiennent à cœur.

Née en 1987, Laura Trompette écrit depuis son enfance et cumule actuellement plus de 200 000 lectures sur Wattpad. Auteur de sept romans, elle a exploré plus d’un genre littéraire. De la série Ladies Taste (Hugo et Cie) à Si on nous l’avait dit (Lattès), en passant par C’est toi le chat (Pygmalion) ainsi que le diptyque Hello et Asphyxie (Pygmalion), jaillit un point commun : l’indéfectible lien entre l’homme et l’animal. Vies de chien* est son nouveau roman.

 

Moi : Comment es-tu venue à l’écriture ? Depuis combien de temps écris-tu?

Laura Trompette : J’ai commencé à écrire à l’âge de huit ans et je n’ai jamais cessé depuis. J’étais, malgré moi, une petite fille assez solitaire à l’école. J’ai connu plusieurs épisodes de harcèlement scolaire et de mise à l’écart parce que les enfants ne sont parfois pas tendres avec leurs semblables et avec la différence. J’étais trop grande, trop bigleuse, trop ronde, trop sensible. C’est d’ailleurs un sujet que j’ai abordé dans mon roman C’est toi le chat parce qu’on fait aujourd’hui mention du harcèlement scolaire au collège mais rarement en primaire, or il me semble que c’est important d’en parler… Pourtant, « à quelque chose, malheur est bon » : cette époque de ma vie a été sans aucun doute la source de ma passion pour l’écriture, devenue un refuge pour moi. Et, avec le temps, ce goût pour les mots a pris une autre dimension.

Moi : Dans ce nouveau roman, Vies de chien, tu évoques le thème de l’abandon, à travers les histoires de Maël et de Tom. Comment est née cette histoire ? Quel message voulais-tu transmettre au lecteur ?

Laura Trompette : Vies de chien est né de plusieurs intentions, plusieurs émotions. Ayant la cause animale greffée au cœur, j’avais envie de donner la parole à un chien de la SPA, après avoir donné une voix à un chat abandonné dans C’est toi le chat. Je me suis donc glissée dans les pensées d’un bouledogue français qui se retrouve au refuge de Vaux-le-Pénil après le décès de sa maîtresse et j’ai essayé de retranscrire, le plus fidèlement possible, ce que j’avais observé en y allant pour mes recherches : l’attente interminable pour les animaux, la dévotion des agents animaliers et des bénévoles, les comportements de ceux qui abandonnent et de ceux qui veulent adopter. Un animal n’est pas un objet, c’est un être vivant. Il mérite toute la considération associée à cette condition. L’histoire de Maël, cet adolescent issu du système de l’Aide Sociale à l’enfance et qui a donc été ballotté toute sa jeunesse de foyers en familles d’accueil instables, m’a été inspirée par l’une de mes amies. Nous nous connaissons depuis de nombreuses années et elle a grandi dans cet univers complexe. J’avais envie de rendre hommage à son courage en créant un personnage qui traversait des épreuves similaires à son histoire à elle. Par ailleurs, le parallèle entre les difficultés de Tom, le bouledogue français, et Maël, l’adolescent, était une manière de rappeler que l’humain et l’animal ont des fêlures et des espoirs parfois communs. Comme dans tous mes romans, j’espère avoir transmis des valeurs qui me sont chères.

Moi : Retrouve-t-on des traits de ta personnalité dans tes personnages ?

Laura Trompette : Oui, c’est indéniable. Il y a notamment un peu de moi chez Emma dans Hello, Louise dans C’est toi le chat, Crystal dans Ladies’ Taste et Charlotte dans Asphyxie. Et puis, il y a de moi dans chacun de mes romans à travers les messages que j’essaie de véhiculer.

Moi : Avec ton roman Hello, tu nous emmenais dans un thriller psychologique envoûtant, Vies de chien est de la littérature blanche. Quel style littéraire préfères-tu écrire et pourquoi ?

Laura Trompette : Je ne crois pas avoir de préférence. Mes choix sont dictés par mes émotions du moment, année après année. Par mes quêtes de sens, mes explorations, mes convictions, mes envies. Certes, je me suis éloignée durablement de la romance érotique de mes débuts, même si je ne renie ni ne regrette rien. En revanche, j’ai dernièrement pris autant de plaisir à me glisser dans ces fresques de vies entrelacées que sont Vies de chien et C’est toi le chat, qu’à panser mes plaies personnelles en écrivant Hello ou à me plonger dans les pensées d’un tueur en série et d’une capitaine de la Brigade Criminelle de Paris dans Asphyxie. J’aime que les lecteurs reconnaissent ma plume mais ne sachent pas vraiment sur quel terrain littéraire je vais les conduire. Je n’ai pas envie de m’enfermer dans un genre, dans le carcan d’une case préétablie. Cela étant dit, je crois que pour le moment, j’ai encore d’autres fresques de vies à raconter…

Moi : On te sait très sensible à la cause animale et tu n’hésites jamais à dénoncer ce qui te dérange, exemple : les personnes qui abandonnent leurs animaux à la SPA sans raison. Penses-tu que la littérature puisse faire avancer les choses ?

Laura Trompette : Je l’espère. Je pense que lorsqu’on a conscience de quelque chose, il est de notre devoir d’en informer autrui. Maîtriser les mots est une chance pour toucher les cœurs ou les esprits. Alors j’essaie de m’en servir à bon escient, sans pour autant tomber dans une forme de prosélytisme vindicatif. Je suis souvent heurtée par le comportement de l’humain face à la nature, la planète, les océans, les animaux domestiques ou sauvages. Par la destruction massive et inconsidérée des richesses de la vie, quelles qu’elles soient. Inversement, parfois, je suis aussi bouleversée par la bienveillance, le dévouement, l’humanité et le courage de certains et certaines. Il y a heureusement des gens extraordinaires qui sont une forme de leçon pour les autres. Des agents animaliers à la SPA ou dans d’autres refuges, comme des grandes figures de la cause animale dans le monde : Ric O’Barry pour les dauphins, Paul Watson pour les océans, Kevin Richardson pour les lions, Jane Goodall pour les singes, Léonardo Dicaprio pour l’écologie… Et puis, en France, il y a notamment Rémi Gaillard qui a trouvé comment utiliser les réseaux sociaux pour faire passer des messages essentiels. Bref, je n’ai pas choisi la citation qui ouvre mon roman par hasard : « On n’a pas deux cœurs, un pour les animaux et un pour les humains. On a un cœur ou on n’en a pas. » Alphonse de Lamartine 😊

Moi : Quelles sont tes habitudes d’écrivaine ? Écris-tu tous les jours ? 

Laura Trompette : Mes habitudes évoluent vraiment avec le temps. J’ai longtemps écrit le soir et la nuit, aujourd’hui je peux aussi écrire le matin, même si j’ai une préférence pour la fin d’après-midi. La constante, c’est que j’écris toujours en musique. Cette dernière me plonge dans une atmosphère, me coupe des bruits alentours, et aide autant à la concentration qu’à la recherche de la bonne émotion. Il n’y a pas de règles : je peux écrire tous les jours, ou pas. Ça dépend des périodes, des projets, de mon inspiration, du contexte, de mon état général… Je n’aime pas la routine ni les horaires prédéfinis, j’aime la liberté ! J’aime écrire tantôt chez moi, tantôt au bord de l’eau, dans un avion, dans un train, face à la nature, dans mon bain, avec un thé, un verre de vin, un whisky ou une simple bouteille d’eau…

Moi : Quels sont tes futurs projets littéraires ?

Laura Trompette : Après avoir publié 7 romans ces 4 dernières années, j’ai évidemment mon 8ème déjà bien en tête. Il y aura trois voix, deux continents, des paysages d’exception, des animaux et des grands sujets de la vie. C’est un peu vague ? Rendez-vous l’année prochaine ! Par ailleurs, je développe depuis peu des concepts d’écriture, et donc de lecture, sur Instagram. J’ai notamment créé le compte de lecture gratuit @terminal_2F dont le pitch est le suivant : 🛬Au sein d’un aéroport, quatre employés, quatre personnages hauts en couleur, vont vous raconter leur histoire et celles des autres, qu’ils observent jour après jour. Ils s’appellent Gabin, Rose, Ismaël & Pauline, ils ne sont ni de la même génération ni originaire de la même région. Ils ne se ressemblent pas et, pourtant, ils se sont trouvés. Au milieu d’une foule toujours en mouvement, à la croisée des chemins et des vies, voilà des années qu’ils passent leurs journées sous le même toit : celui du Terminal 2F. Et ils sont prêts à vous faire voyager ! 🛫 J’ai aussi créé le hashtag #liresurinsta et les rendez-vous du lundi : en effet, tous les lundis, je pioche une photo envoyée par un ou une abonné(e) sur la boîte mail liresurinsta@gmail.com et à partir de cette image, j’invente une histoire. C’est une manière de lier ma passion pour les mots et le principe même d’Insta : les photos des gens.

 

Vous pouvez retrouver Laura Trompette sur les prochaines dates de signature et de rencontre :

– Yerres pour une conférence sur le thème des animaux le vendredi 14 juin, à partir de 18h.

– Reims, à la librairie Guerlin le samedi 15 juin, de 14h à 18h.

– Annecy, à la librairie Decitre, le mercredi 26 juin.

– Saint Valery en Caux au Salon Esti’Val, le dimanche 7 juillet.

– Noirmoutier, au Salon les Litter’elles, les 31 août et 1er septembre.

– La Queue en brie, au Salon Caudacien, le dimanche 17 novembre.

– Dunkerque, au Festival du livre romantique #FLR, les 30 novembre et 1er décembre.

 

 

*Résumé :
Par l’achat de ce livre, vous soutenez la SPA
Tom a le ronflement facile, les intestins capricieux et déteste les chats. Quoi de plus banal pour un bouledogue français ? Mais, coincé dans son box à la SPA, il prend conscience qu’il y a pire dans la vie. Maël, sans soutien parental, erre dans le système de l’aide sociale à l’enfance depuis son plus jeune âge. L’adolescent a fait de la guitare son exutoire et n’a qu’une quête : trouver une famille d’accueil. Les chemins accidentés de Tom et Maël vont se croiser dans la maison d’Alicia, Jacques et, leur fils, Pierre. Cinq personnalités et un défi : cohabiter.

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