La couleur des sentiments – Kathryn Stockett Stockett Kathryn - Éditions : Jacqueline Chambon - 2010

Note : 10/10

 

Quatrième de couverture :

Jackson, Mississippi, 1962. Dans quelques mois, Martin Luther King marchera sur Washington pour défendre les droits civiques. Mais dans le Sud, toutes les familles blanches ont encore une bonne noire, qui a le droit de s’occuper des enfants mais pas d’utiliser les toilettes de la maison. Quand deux domestiques, aidées par une journaliste, décident de raconter leur vie au service des Blancs dans un livre, elles ne se doutent pas que la petite histoire s’apprête à rejoindre la grande, et que leur vie ne sera plus jamais la même. Passionnant de bout en bout, “La Couleur des sentiments” a bouleversé l’Amérique et déjà conquis plus de deux millions de lecteurs, parmi lesquels un certain Steven Spielberg.

 

Mon avis :

Après un échange sur les premiers romans lors d’un petit déjeuner littéraire, une participante m’a gentiment prêté La couleur des sentiments de Kathryn Stockett dont elle nous avait tous convaincu de le lire. Il s’agit du seul ouvrage de l’auteure américaine, sorti en 2009 et adapté depuis au cinéma.

Dans ce roman choral, nous suivons les aventures d’Aibileen et Minny, deux femmes Noires au service des blancs dans leur ville de Jackson, Mississippi ; et la voix de Miss Skeeter, jeune étudiante Blanche, qui rêve de devenir écrivaine et décide de rédiger un livre sur ces bonnes.

 

“Mae Mobley, elle est née de bonne heure un dimanche d’août 1960. Un bébé d’église, comme on dit. Moi je m’occupe des bébés des Blancs, voilà ce que je fais, et en plus, de tout le boulot de la cuisine et du ménage. J’en ai élevé dix-sept de ces petits, dans ma vie. Je sais comment les endormir, les calmer quand ils pleurent et les mettre sur le pot le matin, avant que les mamans aient seulement le temps de sortir du lit.”

 

Kathryn Stockett nous offre un livre sublime, sur la suprématie des Blancs aux Etats-Unis, encore d’actualité dans les années 1960. Jusqu’où la cruauté humaine peut-elle s’étendre à cause du racisme ? L’américaine nous dépeint les journées de travail de deux nourrices Noires et du triste sort réservé à toute cette communauté en cas de “faux mouvement”. La population Noire à l’époque a ses propres bibliothèques, ses propres piscines, supermarchés, toilettes publiques, etc… Et gare à celui qui ne respecterait pas cela en se “mélangeant” aux Blancs… Les faits décrits par Kathryn Stockett sont saisissants, mais ils ont malheureusement existé.

Le récit est également marqué par la partie narrative dédiée à Miss Skeeter. Cette jeune fille Blanche décide dans le secret de tous de s’entretenir avec ces bonnes pour recueillir leur témoignage et tenter de publier un ouvrage. Malgré toute cette haine déversée gratuitement, l’auteure nous rappelle que l’espoir existe et qu’une révolution est possible.

La couleur des sentiments est une oeuvre capitale, inoubliable et indispensable ! Nous sommes en 2019 et les choses n’ont pas changé. A l’heure où j’écris cette chronique, un américain Noir a été arrêté par deux policiers Blancs à cheval. Attaché par une ficelle au cou et aux poignets, le jeune homme a fait le tour de la ville à pied à côté des forces de l’ordre…

Grâce à un travail de traduction réussi et une plume splendide, j’ai été embarquée durant plus de 500 pages dans ce récit bouleversant. Ce livre restera longtemps gravé dans ma mémoire. Et je n’ai qu’une hâte maintenant, découvrir son adaptation cinématographique. Lisez La couleur des sentiments, partagez son histoire, faites le découvrir autour de vous. Ce roman le mérite.

6 commentaires, RSS

  1. Bernadette lazoore 8 août 2019 @ 21 h 34 min

    J’ai vu le film Émouvant !!!

    • mademoisellelit 9 août 2019 @ 10 h 02 min

      Je ne l’ai pas encore vu mais c’est prévu! Le livre est tellement beau.

  2. Yvajo lit 9 août 2019 @ 12 h 08 min

    Magnifique ❤️ chronique ❤️

  3. Les lectures d'Emy 23 août 2019 @ 12 h 32 min

    J’ai lu ce livre il y a quelques temps et il m’a vraiment bouleversée. Comme tu dis, rien n’a changé depuis. C’est un constat alarmant.
    Je n’ai pas vu le film par contre.
    En tout cas c’est une très belle chronique 🙂

    • mademoisellelit 23 août 2019 @ 14 h 04 min

      Merci 🙂 J’ai vu le film depuis et je ne peux que te le conseiller 😉 Beaucoup de détails du livre n’y sont pas malgré la longueur du film mais ils ne pouvaient pas tout mettre et l’adaptation est assez réussie 🙂

Your email address will not be published.