La saison des ouragans – Fernanda Melchor Melchor - Éditions : Grasset - 2019

Note :  /10

 

Quatrième de couverture :

Inspiré d’un fait divers, La saison des ouragans s’ouvre sur la découverte d’un cadavre. Dans le canal d’irrigation, aux abords du petit village de La Matosa, un groupe d’enfants tombe sur le corps sans vie de la Sorcière. A la fois redoutée et respectée, elle habitait une maison pleine de mystères où les femmes de la région venaient lui rendre visite pour lui demander de l’aide : maladies, mauvais sort, mais aussi avortements discrets.
A l’instar de Chronique d’une mort annoncée de Gabriel García Márquez, nous découvrons au fil du roman les événements qui ont mené à son assassinat, les histoires des bourreaux qui sont autant de mobiles expliquant les raisons du meurtre de cette envoûtante Sorcière de La Matosa. Yesenia a vu son cousin Luismi, accompagné de Brando, sortir de la maison de la Sorcière avec un corps. Il y a également Munra, le beau-père boîteux de Luismi, qui conduisait le camion le jour de l’assassinat, un simple exécutant dit-il aux policiers.
Luismi vit avec Norma, une jeune fille de 13 ans. Elle a été admise à l’hôpital pour d’importants saignements à la suite d’une visite chez la Sorcière. Brando, lui, a besoin d’argent pour ses projets. Un trésor serait caché dans la maison de la femme maléfique. Autant de raisons pour commettre l’irréparable et autant de perspectives qui nous plongent dans la campagne mexicaine où la misère, la drogue et la violence poussent les gens à la folie autant que l’extrême chaleur qui s’installe.
Ce qui, en plein mois de mai, semble annoncer que la saison des ouragans sera violente… Grâce à cette intrigue policière à rebours, Fernanda Melchor dresse un formidable portrait du Mexique et de ses démons. Sa langue est crue, musicale, elle retranscrit la brutalité avec beaucoup de talent. Il s’agit d’un livre sur les pulsions et la violence mais également sur l’une des figures du féminisme – souvent fantasmée, toujours persécutée -, qu’on a cherché à abattre depuis la nuit des temps : la sorcière.

 

“Le reste de la troupe le suivait en caleçon, tous les quatre avaient des bottines en caoutchouc et portaient à tout de rôle le seau rempli de petits graviers que le matin même ils avaient pris dans la rivière ; tous les quatre, renfrognés et farouches, étaient tellement disposés à s’offrir en sacrifice que même le plus petit d’entre eux n’aurait pas osé avouer qu’il avait peur mais avançait prudemment derrière ses camarades, l’élastique de la fronde bandé entre ses mains et un caillou bien serré au creux de la lanière de cuir, prêt à être lancé sur ce qui pourrait surgir en cas d’embuscade.”

 

Mon avis :

Après D’os et de lumière de Mike McCormack et Les variations sentimentales d’André Aciman, le troisième ouvrage de la collection 2019 En lettres d’Ancre* des éditions Grasset est La saison des ouragans de Fernanda Melchor. L’autrice mexicaine nous livre un roman policier où une mystérieuse sorcière a été assassinée.

J’ai délibérément omis de mettre une notation au livre car je n’ai pas achevé ma lecture et j’ai volontairement choisi ce passage ci-dessus pour justifier mon choix. Il n’est jamais facile d’abandonner un roman reçu gratuitement par une maison d’édition mais la lecture doit rester un plaisir.  J’ai trouvé intéressant en revanche le fait de rédiger une chronique malgré mon abandon et vous en expliquer par écrit les raisons.

Comme indiqué plus haut, la phrase tirée du roman et retranscrite en début de chronique a été précisément choisie pour montrer ce qui m’a gêné dans le texte de Fernanda Melchor. Une seule phrase, qui constitue presque un paragraphe entier. Le récit en est rempli et les digressions affluent sans cesse. Sans compter le nombre de personnages qui arrivent dans la narration sans trop d’explication. Il m’a été très difficile de suivre l’histoire et de m’attacher aux personnages.

Plusieurs critiques indiquent que La saison des ouragans s’adresse à un public averti. Personnellement, je ne suis pas une adepte de ce style d’écriture. Peut-être ne l’ai-je pas lu dans les meilleurs conditions qui soient. Le livre divise beaucoup sur les réseaux mais il fait parler. Je suis sûre qu’il trouvera ses lecteurs.

*J’ai reçu La saison des ouragans dans le cadre du partenariat “En lettres d’ancre” que nous avons plusieurs blogueurs et moi-même avec les éditions Grasset pour l’année 2019. Le but de ce projet est de recevoir un livre par mois dans la section “littérature étrangère” et de partager notre avis (positif ou négatif) sur les réseaux sociaux.

Un commentaire, RSS

  1. anne-laure 18 avril 2019 @ 22 h 39 min

    Merci pour ton avis sur ce livre ! En effet, l’extrait que tu nous partages me fait de suite comprendre les raisons de ton abandon …

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