Le berceau – Fanny Chesnel Chesnel Fanny - Éditions : Flammarion - 2019

Note : 9/10

 

Quatrième de couverture :

Joseph fabrique le berceau de sa première petite-fille, lorsqu’un coup de téléphone l’interrompt. Un crash d’avion : son fils dedans, son gendre aussi. Et la petite alors ? Sauve, bien vivante ! Prête à naître, car grandissant dans le ventre d’une mère porteuse canadienne choisie par le couple homosexuel. Joseph n’a jamais foutu les pieds hors de sa Normandie natale , il a passé sa vie dans une ferme, vendu ses vaches, enterré sa femme : il n’a plus que cette enfant en tête. Alors, il part. A la rencontre de la minuscule promesse qui prolonge l’existence de son fils. A la rencontre de la jeune étrangère, farouche et indomptable, qui la couve. Rien n’est simple dans cette histoire, mais il se lance à plein régime, dans une réinvention audacieuse et poignante de la famille contemporaine.

 

“Joseph est en train de fabriquer le berceau de sa petite-fille et c’est à son père qu’il pense en ce moment. A ses mains surtout. Les taches de soleil sur les flétrissures, les circonvolutions des phalanges, les anfractuosités pareilles à l’écorce pelée des arbres.” 

 

Mon avis :

J’ai reçu le deuxième roman de Fanny Chesnel, Le berceau, par les éditions Flammarion et je les en remercie. J’ai eu en plus le bonheur de rencontrer l’auteure pour la sortie de son livre début février. L’occasion d’échanger avec elle quelques mots.

Fanny Chesnel s’est fait connaître sur la scène littéraire grâce à son premier récit, Une jeune fille aux cheveux blancs, adapté au cinéma sous le titre Les beaux jours en 2013. Dans ce deuxième ouvrage, l’auteure nous embarque dans un drame familial où Joseph va perdre son fils et son beau-fils dans un crash d’avion. L’histoire est d’autant plus triste que le couple attendait un heureux événement. La petite-fille de Joseph doit naître dans quelques mois au Canada, alors qu’elle vient de perdre ses deux papas.

Joseph est un personnage attachant. D’abord fragile, on découve au fil du temps un homme de plus en plus fort. La perte de son fils va bien sûr le bouleverser mais l’espoir de voir naître sa petite-fille va rapidement lui donner du courage et le faire avancer. Il décide de bousculer ses habitudes et sa petite vie rangée en Normandie pour partir à la rencontre de celle qui donnera naissance dans quelques mois à sa petite-fille.

Dès les premières lignes (retranscrites ci-dessus), se dégagent de la douceur et de la tendresse du texte de Fanny Chesnel et cette sensation perdure tout au long de la lecture. Son écriture est délicate. Le sujet est lourd, important, sordide. Les mots choisis aussi. La plume de l’auteure a une finesse que j’ai retrouvé chez elle lors de la rencontre organisée par Flammarion. Je l’ai vraiment trouvée à l’image de son roman. Calme, posée, touchante et lumineuse.

L’histoire de Joseph m’a beaucoup touchée. Après avoir été très émue par le drame familial que je lisais, j’ai repris espoir avec lui et j’ai retrouvé le sourire vers la fin du livre. Le rire est présent grâce à l’humour de l’écrivaine. Les sujets évoqués n’en restent pas moins très graves et importants : la mort, le deuil, l’homosexualité et le droit à la gestation pour autrui.

Vous l’avez compris, j’ai adoré Le Berceau. Fanny Chesnel signe un très beau roman. L’histoire d’une renaissance. A lire absolument.

2 commentaires, RSS

  1. lesfilmsromantiques 4 mars 2019 @ 20 h 08 min

    J’aime beaucoup tes critiques, elles sont constructives et vraiment intéressantes ! Tu m’as convaincue de mettre Le Berceau en haut de ma pile à lire c:

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