Quelle n’est pas ma joie – Jens Christian Grondahl Grondahl Jens Christian - Éditions : Gallimard - 2018

Note : 7/10

 

Quatrième de couverture :

“Voilà, ton mari est mort lui aussi, Anna. Ton mari, notre mari. J’aurais aimé qu’il repose à côté de toi.” Ellinor a soixante-dix ans. Elle vient de perdre Georg, son mari, et elle a rapidement décidé de vendre leur maison, dans la banlieue chic de Copenhague, afin de retourner vivre à Vesterbro, le quartier populaire de son enfance. Et Ellinor va se raconter. Elle s’adresse à Anna, sa meilleure amie, qui était la première femme de Georg. Et la maîtresse de Henning, son mari à elle. Anna et Henning ont été emportés par une avalanche dans les Dolomites, pendant des vacances que les deux couples passaient ensemble, au cours des années soixante. Ce roman d’une vie vécue longuement à la place d’une autre mêle les surprises, la rancoeur, l’agressivité et la jalousie. Et les regrets : “Nous, qui ne sommes plus aimés, nous devons choisir entre la vengeance et la compréhension“, écrit ainsi Ellinor. Ce livre est une apostrophe, à la fois exercice de deuil, de mémoire et de réflexion, où le “tu” donne une immédiateté nouvelle à la palette du grand écrivain qu’est Jens Christian Grondahl.

“J’ai trouvé une concession libre pour Georg dans la rangée suivante. De ta tombe, on peut voir l’arrière de la sienne.”

 

Mon avis :

J’ai lu Quelle n’est pas ma joie de Jens Christian Grondahl dans le cadre de ma participation au jury du Grand Prix de L’héroïne 2018, organisé par le magazine Madame Figaro. Je remercie les éditions Gallimard et Madame Figaro.

Et c’est une découverte pour moi, je ne connaissais pas du tout cet auteur, j’ai lu très peu de littérature danoise donc je me suis plongée dans ce roman avec joie, comme l’indique le titre… 😉 Le style de l’écrivain est très spécifique, c’est ce qui nous surprend dès les premières lignes car il emploie le tutoiement. La narratrice, Ellinor, s’adresse à son amie Anna, décédée trente ans auparavant. Elle se livre suite au décès de son mari, (Georg, marié à Anna dans le passé) sur son père qu’elle n’a jamais connu, sur sa relation avec les enfants de Georg et Anna, sur sa mère, sur son enfance, etc… Une sorte de journal intime qu’elle a décidé d’adresser à son amie.

J’ai beaucoup aimé le scénario inventé par Jens Christian Grondahl. J’ai trouvé cette histoire originale : Anna et Georg étaient mariés, Ellinor et Henning également, Anna et Henning étaient amants et sont décédés ensemble dans une avalanche, Ellinor s’est ensuite remariée avec Georg. Ces deux couples qui s’entrecroisent n’est pas commun.

J’ai également apprécié le personnage d’Ellinor. Elle cache quelque chose, on devine beaucoup de jalousie, de regrets ou de remords, de tristesse et parfois un fond de méchanceté dans ce qu’elle écrit. Ce livre dépeint à merveille les sentiments et les difficultés des familles recomposées, la souffrance suite à un abandon ou la tromperie.

Dans l’ensemble, Jens Christian Grondahl m’a fait passer un bon moment de lecture avec Quelle n’est pas ma joie mais je pense oublier rapidement cette histoire. Il m’a manqué quelque chose pour que je sois captivée, que je m’attache vraiment aux personnages et que je sois marquée par ce récit.

Si vous aimez cet auteur, plongez-vous dans ce roman et donnez-moi votre retour ci-dessous 😉

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