Soeurs – Karine Sayagh-Satragno Sayagh-Satragno Karine - Éditions : Vents Salés - 2019

Note : 8/10

 

Quatrième de couverture :

Entre Paris et Tel Aviv, des Buttes Chaumont à Neve Tzedek, cinq sœurs issues d’une famille juive séfarade se racontent, se taisent, s’écharpent, se réconfortent au travers d’une fresque de portraits émouvants ou satiriques où chacun de nous pourra retrouver des siens ou de lui-même. Tsipora, Ylana, Léna, Naomi, Lael dansent sans le savoir sur un champ de mines, confrontées aux contraintes de la morale, à leurs sentiments, leurs drames personnels et au Destin. Elie Wiesel écrivait que “dans l’histoire juive, la coïncidence n’existe pas“. Dans l’histoire des sœurs Abergel, Dieu semble vouloir rester anonyme mais tout est bien écrit à l’encre indélébile. Sœurs aurait pu s’appeler “Mektoub“, il aurait pu s’appeler “Destin” ou “Fatum“. Silences, dissimulations, disputes, retrouvailles, ce premier roman dévoile progressivement les arcanes d’une famille qui pourrait ressembler à beaucoup d’autres dans son Silence mais décidera finalement que rien n’est plus essentiel que la Vérité.

 

Tsipora malaxait, panait, enfournait, tranchait avec les gestes aboutis d’une virtuose dans une cuisine qui donnait pourtant l’impression de n’avoir jamais servi. Jeudi soir. Demain, à la tombée de la nuit, shabbat allait entrer dans son logis et il fallait que tout soit prêt, qu’elle n’ait plus à toucher à quoi que ce soit à l’heure où le soleil se coucherait. […] Tsipora pourrait regarder chaque membre de sa famille autour de la table et savoir qu’elle détenait à leurs yeux le rôle principal.

 

Mon avis :

J’ai lu Sœurs de Karine Sayagh-Satragno, publié aux éditions des Vents Salés, dans le cadre d’un service presse avec l’autrice. Je la remercie pour cet envoi.

Sœurs, c’est ce qu’on pourrait appeler un roman choral, où chaque personnage est développé  et se trouve à un moment du livre au centre du récit. Ici en l’occurrence, il s’agit des cinq sœurs de la famille Abergel et de leurs parents. Elles se retrouvent autour d’un repas chaque vendredi pour la fête juive, le shabbat. L’occasion pour leur mère de se ternir informée sur les histoires de chacune.

Karine Sayagh-Satragno signe un bon premier roman. Sa plume n’est pas parfaite, mais le récit de ces cinq sœurs nous tient rapidement en haleine, grâce à la fluidité de l’écriture. Malgré un nombre important de personnages, on ne s’emmêle pas les pinceaux car l’histoire est entraînante. Le rythme est soutenu par des actions à répétition. Les pages défilent, sans s’en rendre compte.

A travers les anecdotes de cette famille juive et de ses traditions, l’autrice développe le thème de la religion et des différences. Elle n’hésite pas à parler par exemple de l’homosexualité au sein de cette communauté.

Dès les premiers chapitres, on espère une suite. L’autrice me l’a depuis confirmé, il y aura un deuxième tome prochainement. Personnellement, j’aimerais pouvoir apprendre davantage sur les personnages de Daniel et Alona, les parents et grands-parents attachants de cette joyeuse tribu.

A noter, une fin surprenante et inattendue, qui ouvre clairement le chemin vers un second ouvrage.

En résumé, j’ai passé un bon moment de lecture avec tous ces protagonistes hauts en couleur. Peu habituée à lire des romans sur le milieu judaïque, j’ai trouvé cela très intéressant et j’ai beaucoup appris grâce aux notes de bas de page. Karine Sayagh-Satragno a su me donner envie d’en lire plus sur cette belle famille. Je recommande.

4 commentaires, RSS

  1. Anne-Laure 13 mai 2019 @ 22 h 30 min

    Très bonne chronique ! Tu nous donnes envie de découvrir l’histoire de ces sœurs et la communauté judaïque !!
    Je le met sur ma liste de livre à acheter 😊

  2. Chloe 13 mai 2019 @ 22 h 48 min

    Encore une tentation de ta faute !!! 😀

Your email address will not be published.