Finistère, Anne Berest : Mon avis

Berest Anne - Éditions : Albin Michel
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Le pitch ?

Finistère, début du XXe siècle. Face à l’évolution du marché de la pomme de terre nouvelle et afin de défendre ses droits et ceux de ses collègues, Eugène crée le « Syndicat rural des agriculteurs du Léon ».

Plus tard, son fils, Eugène, convainc ses parents d’entrer au collège, malgré le désir d’Eugène père de le voir rejoindre l’exploitation agricole.

En mai 1968, Pierre, petit-fils et fils des « deux Eugène« , milite dans la jeunesse étudiante.

Trois générations, trois hommes et trois combats, qui reflètent à chacun leur époque.

 

Les points forts du livre

  • la Bretagne au début du siècle dernier : après s’être intéressée à sa lignée maternelle dans Gabriële et La Carte postale, Anne Berest raconte sa branche paternelle, depuis l’histoire de son arrière-grand-père, Eugène, au parcours de son père Pierre. Cultivateur dans le Finistère au début du XXe siècle, j’ai aimé découvrir l’engagement de cet homme, son amour de la terre et de ses racines bretonnes, ses revendications et ses victoires. Un début de récit passionnant et inspirant.
  • l’affranchissement d’un fils : les chapitres suivants sont réservés au second Eugène, grand-père de l’écrivaine. Alors que son avenir semble tout tracé, l’adolescent rêve de partir en ville pour poursuivre ses études. Avec émotion, Anne Berest narre le sacrifice d’un père et la passion d’un fils. J’ai été particulièrement sensible à cette seconde partie.
  • trois personnages de roman : si Anne Berest a puisé dans les souvenirs et les carnets familiaux pour l’écriture de son livre, l’autrice fait de ses aïeuls trois héros de roman. Trois hommes de caractère, résistants, engagés mais taiseux, qu’on aurait aimé rencontrés.
  • une écriture aérée au vocabulaire fourni : rencontrée lors de sa visite lilloise, l’écrivaine expliquait d’abord penser à la jeunesse lorsqu’elle prend la plume. L’exercice, loin d’être aisé, est, je trouve réussi. Anne Berest rend son propos léger malgré une prose exigeante.

 

Ce que j’ai moins aimé

  • une fin en demi-teinte : Dans la seconde moitié du roman, consacrée à Pierre Berest, les anecdotes se succèdent. Au fur et à mesure, la trame se délite et le récit souffre de quelques longueurs. Sans rapport les unes avec les autres, j’ai eu la sensation que l’écrivaine ne savait pas comment clore son ouvrage.

 

 

En bref, une lecture fluide et agréable, qui complète à merveille l’œuvre familiale de la romancière. Un bel hommage à un père aimé, parfois incompris, et aujourd’hui disparu.

 

Mots-clés : Finistère, Bretagne, grand-père, père, agriculture, études, mai 68, maladie

Une citation : « Peut-être mon père m’aurait il aimée davantage si je n’avais pas cherché autant à me faire apprécier de lui ? C’est la raison pour laquelle les gens qui ne se soucient pas de plaire me fascinent. Ils avancent dans le monde, affranchis et libres – pas comme moi. »

Quelques mots sur l’autrice : Anne Berest est une écrivaine française, née en 1979. Son premier roman, La Fille de son père, est publié en 2010 aux Éditions du Seuil.

 

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Commentaires (2)
Anne2026-01-27 22:07:23Répondre

Belle écriture et style limpide qui nous embarque. Mais même constat pour la troisième partie assez inégale toutefois plus intimiste, plus douloureuse pour l’autrice car on sent du remord de n’avoir pas pu vraiment parler avec son pere

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mademoisellelit2026-01-28 10:56:21Répondre

Oui, il y a beaucoup de regrets dans les derniers chapitres.

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Sylvie2026-01-22 18:07:58Répondre

Lu et aimé Gabriele et Sagan 1954
Lu et moyennement aimé la carte postale , et c’est étonnant , pour la même raison que tu notes en point faible : un rythme inégal dans la narration, une deuxième partie plus faible .

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mademoisellelit2026-01-26 09:45:43Répondre

Je me note Sagan 1954 que je n'ai pas encore découvert. Merci :)

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