Le dernier thé de maître Sohô, Cyril Gély : Mon avis

Gely Cyril - Éditions : Arlea
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Le pitch ?

Japon, 1875. Face à l’incompréhension de son père qui espérait la voir reprendre sa brasserie de saké, Ibuki, fuit pour tenter de réaliser son rêve : devenir samouraï.

À vingt-et-un ans, la jeune femme part à la recherche d’Akira Sohô, grand maître guerrier. Grimée en homme, Ibuki rencontre maître Sohô, qui a délaissé les armes pour la douceur du thé. Devant l’insistance du jeune homme, Akira accepte de lui enseigner le sabre s’il lui apprend également la voie du thé.

 

 

 

Les points forts du livre

  • une héroïne libre : à travers la destinée d’Ibuki, Cyril Gély narre l’histoire d’une protagoniste décidée, qui privilégie son désir et sa passion, aux dépens de l’amour paternel, des convenances de l’époque et d’une certaine stabilité. Prête à tout pour atteindre son but, Ibuki est persévérante, indépendante, avant-gardiste et fière. Je l’ai trouvée très inspirante.
  • un contexte historique : derrière le parcours de l’apprentie, Le dernier thé de maître Sohô raconte une époque. Depuis l’arrivée des Américains au milieu du XIXe siècle, le Japon se plie à une certaine modernité. Longtemps légion dans leur pays, la tradition des samouraïs s’évapore. J’ignorais les détails de cette partie de l’histoire nippone.
  • un conte initiatique : la rencontre avec Akira Sohô va bouleverser la vie d’Ibuki. Au côté du maître, la jeune femme apprend, grandit, murit. La relation entre les deux personnages m’a émue et touchée.
  • un instant de grâce : au-delà du récit d’apprentissage, le roman de Cyril Gély nous plonge dans l’univers délicat, cérémonial et ancestral du thé. Tout en finesse et en poésie, la plume de l’écrivain porte à merveille le sujet du livre.

 

 

 

En bref, un sublime moment d’évasion et de poésie, riche en aventure, et presque trop court.

 

Mots-clés : saké, thé, samouraï, Edo, Japon, indépendance, liberté

Une citation : « Tu crois sans doute que le thé est insignifiant, car ce n’est en fin de compte qu’une tasse d’eau chaude. Mais tu te trompes. Le thé est avant tout un voyage. Un voyage merveilleux pour celui qui sait l’écouter. Il suffit de quelques braises, deux ou trois feuilles, et un ami avec qui le boire. Le thé, vois-tu, c’est le possible dans un monde impossible. La douceur dans le bruit. Il dévoile la fragilité de nos êtres. Et celle de l’instant. »

Quelques mots sur l’auteur : Cyril Gély est un écrivain et scénariste français, né en 1968. Son premier roman, La Traversée, est publié aux éditions Spengler en 1995. Paru en 2024 aux éditions Arléa, Le dernier thé de maître Sohô est son huitième ouvrage.

À lire aussi : la délicatesse de la plume de Cyril Gély m’a rappelé celle du roman d’Amanda Sthers, Lettre d’amour sans le dire, dans lequel il est aussi question, d’une certaine façon, de traditions japonaises. Je vous en parlais après ma lecture en 2022.

 

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