Artifices – Claire Berest

Berest Claire - Éditions : Stock
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Quatrième de couverture :

Abel Bac, flic solitaire et bourru, évolue dans une atmosphère étrange depuis qu’il a été suspendu. Son identité déjà incertaine semble se dissoudre entre cauchemars et déambulations nocturnes dans Paris. Reclus dans son appartement, il n’a plus qu’une préoccupation : sa collection d’orchidées, dont il prend soin chaque jour. C’est cette errance que vient interrompre Elsa, sa voisine, lorsqu’elle atterrit ivre morte un soir devant sa porte. C’est cette bulle que vient percer Camille Pierrat, sa collègue, inquiète de son absence inexpliquée. C’est son fragile équilibre que viennent mettre en péril des événements étranges qui se produisent dans les musées parisiens et qui semblent tous avoir un lien avec Abel. Pourquoi Abel a-t-il été mis à pied ? Qui a fait rentrer par effraction un cheval à Beaubourg ? Qui dépose des exemplaires du Parisien où figure ce même cheval sur le palier d’Abel ? A quel passé tragique ces étranges coïncidences le renvoient-elles ? Cette série de perturbations va le mener inexorablement vers Mila. Artiste internationale mystérieuse et anonyme qui enflamme les foules et le milieu de l’art contemporain à coups de performances choc. Pris dans l’œil du cyclone, le policier déchu mène l’enquête à tâtons, aidé, qu’il le veuille ou non de Camille et d’Elsa.

 

Crépitement éphémère…

Depuis mon enthousiasme pour Gabriële (éd. Stock, 2017, coécrit avec Anne Berest), je guette chaque nouvelle parution signée Claire Berest. Il y a deux ans, l’auteure me comblait de joie en publiant Rien n’est noir, biographie romancée sur l’histoire d’amour virevoltante de Frida Kahlo et Diego Rivera. Cette année, avec sa flamboyante couverture, Artifices me laissait présager un nouveau coup de cœur…

Un cheval blanc introduit mystérieusement en pleine nuit au musée Beaubourg ; l’exemplaire du Parisien relatant l’affaire déposé tous les matins sur son paillasson ; la façade d’un immeuble voisin peint miraculeusement du même cheval blanc… Quel message, par ces différents signes, tente-t-on d’envoyer à Abel Bac ? Qui se cache derrière ces actions ? Ce flic discret, mis à pied depuis plusieurs jours par sa direction, s’interroge. Aidé par sa collègue Camille et interpellé par la présence nouvelle de sa voisine Elsa, étudiante en art, il décide d’enquêter.

 

 

“Abel se réveille, agité, le corps compressé par la vivacité du cauchemar, cherchant une respiration comme après avoir bu la tasse, redressé dans le noir de sa chambre, il se met à compter à rebours, quatre-vingt-treize, quatre-vingt-douze, quatre-vingt-onze… Faisant défiler les chiffres à toute allure comme ceux d’une horloge détraquée, puis lentement, pour tenter de calmer l’étau familier du rêve. On peut faire le même cauchemar pendant vingt ans, la terreur reste identique, jeune, cette terreur conserve, au fil du temps, la même fraîcheur. Abel continue de compter… cinquante-sept, cinquante-six, cinquante-cinq… quand il entend du bruit.”

 

Abel Bac est timide, secret, hanté par de vieux cauchemars, obnubilé par ses dizaines d’orchidées, et dévoré par un tragique souvenir. L’homme est solitaire, peu habitué aux contacts et méfiant. S’il ne se préoccupe pas du motif de sa suspension de poste, il angoisse en revanche suite à l’affaire du cheval blanc. Le policier comprend vite que son passé refait surface.

Ce roman avait tout pour me plaire. Une trame originale, mise en forme par une écrivaine de talent, à l’imagination farfelue. Un récit captivant, imprégné par le milieu de l’art, qui me passionne comme il fascine l’auteure. Un héros déroutant, fragile et humain. Ce roman avait tout pour me plaire. Et il m’a plu. Mais une fois les fils de l’intrigue dénoués, le livre se referme tel un soufflet qui dégonfle. J’en retiens le plaisir des quatre cents premières pages, plus que le curieux final des vingt dernières.

J’en garde aussi les nombreuses références artistiques, la richesse des connaissances de Claire Berest, sa créativité débordante et ce suspense dans l’écriture, faisant d’Artifices un page turner. Vous l’avez compris, j’ai préféré la liberté de Gabriële et la folie de Frida et Diego, au sombre et fictif Abel Bac. Le réel a toujours une saveur particulière pour moi en littérature. Artifices n’en reste pas moins intéressant, et pertinent.

 

Avez-vous lu ce livre ? Connaissez-vous la plume de Claire Berest ?

 

*source : larousse.fr
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