Ce cœur changeant – Agnès Desarthe

Desarthe Agnès - Éditions : Editions de l'Olivier
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Quatrième de couverture :

Rose a vingt ans quand elle débarque à Paris. Sans le sou, des idéaux romanesques plein la tête, elle cherche sa place dans le monde. D’aventures en mésaventures, la jeune fille connaît la misère et l’opulence, la guerre et la vie de bohème, l’amour et la chute. Vivant à contre-courant, sans vraiment savoir ce qu’elle veut ni où elle va, Rose suit les mouvements de son cœur. Au risque de tomber.

 

 

 

 

Vent de liberté et de féminité.

A court de lecture dans la dernière semaine des vacances, je courrai en librairie faire le plein de livres. Le nouveau Agnès Desarthe (L’éternel fiancé, Éditions de l’Olivier) m’avait interpellée la veille dans La grande librairie de François Busnel. Faute de place dans la valise, j’optai plutôt pour un format poche. La pastille “sélection 2017 Prix du meilleur roman des lecteurs de Points” collé sur Ce cœur changeant confirma mon choix.

Malgré un avenir doré tout tracé, Rose débarque à Paris sans le sou en 1909, désireuse de vivre sa propre vie, loin de ses parents. Elle qui a beaucoup voyagé et maîtrise plusieurs langues s’imagine obtenir rapidement un poste de traductrice. Le manque d’argent et le besoin d’un toit l’amènera finalement à accepter de travailler dans un bar…

 

 

“Elle connaissait plusieurs pays, plusieurs continents, avait mangé du serpent, du singe, patiné sur des lacs gelés, […] elle parlait le danois, le français, l’anglais, prononçait avec talent plusieurs mots de dioula, avait lu Alexandre Dumas, récitait joliment les sonnets de Shakespeare, les déclinaisons latines, quelques proverbes, se prenait souvent pour une héroïne de Hans Christian Andersen, savait nager sur le ventre et sur le dos, monter à cheval, jouer au croquet, tricoter à quatre aiguilles, arranger des bouquets. Mais elle ne savait rien de l’argent, des hommes, de la politique, du sexe.”

 

Son courage, Rose le doit à sa nourrice, Zelada. La jeune femme a tout appris à ses côtés, et se remémore ses préceptes lorsque le quotidien se fait trop dur. Dans la noirceur des nuits parisiennes, Rose découvre l’amour, le plaisir charnel et la liberté des corps. Elle choisit celui d’une femme, Louise, auprès duquel elle s’épanouira de longues années. Loin de ce qu’aurait désiré ses parents, les deux amoureuses célèbrent la vie, la littérature, la poésie et l’art entourées de leurs amis dans leur petit appartement.

Agnès Desarthe dresse le portrait d’une héroïne engagée, indépendante et libre. Affrontant toutes les tempêtes, Rose n’en reste pas moins humaine, pensant bien souvent à mourir ou disparaître lorsqu’une nouvelle épreuve la frappe. Élevée dans un milieu bourgeois, la jeune femme connaîtra pourtant la plus grande pauvreté, abandonnée par ses parents.

L’auteure livre un récit féministe passionnant, plongé au cœur de la capitale du début du XXe siècle. Elle offre à sa protagoniste un destin compliqué, entremêlé de mésaventures et grands bonheurs de la vie. Par ses thèmes et le caractère déterminé de Rose, le roman d’Agnès Desarthe rappelle celui de Carolina de Robertis, Les Dieux du Tango, paru la même année. Deux coups de cœur.

 

Quel autre roman d’Agnès Desarthe me recommandez-vous ?

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