Je couche toute nue – Camille / Auguste

Rodin Auguste / Claudel Camille - Éditions : Slatkine & Cie
6Commentaires

 

Quatrième de couverture :

Je couche toute nue pour me faire croire que vous êtes là mais quand je me réveille, ce n’est plus la même chose.

Je vous embrasse.

Camille

Surtout ne me trompez plus

L’histoire est connue pour avoir été cent fois racontée, filmée. La voici, telle que, brutale, naturelle et poétique. Les sources seules, sans commentaires ni notes. Correspondance inédite, journaux intimes, carnets… Une passion sans détours, racontée comme un roman par ses archives. Une biographie vraie où une spécialiste de la littérature féminine, Isabelle Mons, et un historien, Didier Le Fur, s’effacent pour laisser place à la musique des sources.

Camille Claudel et Auguste Rodin se rencontrent en 1884. Vingt-trois ans les séparent. Elle est encore mineure et devient l’élève du maître. Ils vont s’aimer neuf ans, se séparer (1893-1895), se retrouver (1895-1899), se perdre enfin (1900).

Rodin meurt en pleine gloire en 1917.

Camille Claudel est internée en 1913 dans un asile où elle mourra seule en 1943.

Mon avis :

Prodigieux !

Énorme coup de cœur pour cette biographie reçue des éditions Slatkine & Cie, que je remercie à nouveau. J’ai découvert ce livre dans ma boîte aux lettres par surprise il y a un mois, si j’avais su, je l’aurais lu bien plus tôt !

Je couche toute nue retrace des écrits sur Camille Claudel et Auguste Rodin, deux sculpteurs mondialement reconnus à l’heure d’aujourd’hui. Camille Claudel a été pendant longtemps l’élève de Rodin, mais aussi sa maîtresse. Le livre réunit des lettres échangées entre les deux artistes, mais pas seulement. Il y a des articles de presse de l’époque, des écrits personnels (journaux intimes), et de très nombreux courriers adressés à d’autres artistes ou connaisseurs d’art, comme Emile Zola, Auguste Renoir ou encore et surtout Paul Claudel, le frère de Camille. Le premier texte est daté de 1871, avant la rencontre entre les deux sculpteurs, et se termine en 1955, après le décès de Paul Claudel.

Pour être honnête, les premières pages m’ont surpris. Je ne m’attendais pas à cela. Je croyais uniquement lire des lettres échangées entre les deux artistes. J’ai eu un peur au début de ma lecture de ne pas apprécier, tant les détails sur le travail de sculpture sont nombreux. J’ai pu penser à un moment que j’allais me sentir perdue et que je n’allais pas accrocher.

C’est tout le contraire qui est arrivé ! J’ai été totalement conquise et passionnée par tous ces personnages, tout ce travail acharné décrit dans les nombreux courriers, et notamment la lutte quotidienne de Camille Claudel pour défendre son art et pouvoir en vivre.

Le personnage de Camille Claudel (que je connaissais peu avant la lecture de cette biographie) m’a complètement bouleversé. Dans la première partie, on lit une femme qui se bat réellement pour exister, pour faire connaître ses sculptures, prouver qu’elle ne doit pas tout à Auguste Rodin mais qu’elle a ses propres idées et du talent. Dans la deuxième partie, l’artiste est internée à cause de sa folie et ces passages sont tout aussi bouleversants. C’est une femme seule, démunie, qui perd la raison, que nous lisons.

A la lecture des pages, je n’ai eu de cesse de m’imaginer en cette fin du 19ème siècle et en ce début du 20ème. Il ne s’agit pas d’un roman, tout est vrai, cela m’a donné envie de vivre ne serait-ce qu’un instant à cette époque et croiser toutes ces personnes. Le Choix d’Isabelle Mons et de Didier Le Fur de ne rien ajouter aux textes originaux donnent une vraie valeur à cet ouvrage.

Je n’ai qu’une hâte maintenant c’est d’en découvrir encore plus sur les deux artistes. Me plonger dans d’autres ouvrages, visiter les musées et découvrir les nombreux films réalisés sur leurs histoires.

Je recommande grandement Je couche toute nue. Que vous soyez connaisseur ou amateur d’art, ou pas d’ailleurs. Ne vous dites pas « je n’aime pas les musées (ou la sculpture), ce livre n’est pas pour moi » ! Je vous assure que c’est un petit bijou qui vaut la peine d’être lu !

 

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Commentaires (3)
Catherine2017-06-14 23:58:37Répondre

Eh bien si on n'est pas convaincu apres ce billet !
Je garde dans le coeur une expo fabuleuse des oeuvres de Camille Claudel vue dans un château du Gers. La scénographie de l'exposition était magnifique et j'ai découvert des oeuvres très émouvantes avec bien sûr moult panneaux didactiques passionnants sur sa vie. Je crois qu'à cette époque arriver à être reconnue pour une femme qu'elle soit sculpteur ou peintre était très difficile... merci Maïté pour cette chronique enthousiaste!

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mademoisellelit2017-06-15 12:32:54Répondre

Oui c'est exactement ce que retranscrit le livre, la place des femmes dans la société à cette époque là ;)

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Clarine_bouquine2017-06-09 17:06:46Répondre

Ohhh !!!! Voila qui pique vraiment la curiosité ! Je le note et vais trouver un moyen de le lire.
Je connais peu ces deux personnages mais c'est une époque qui m'interesse et je crois que ce livre a beaucoup à nous apprendre ;)

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mademoisellelit2017-06-10 11:14:49Répondre

Oh oui! :)

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Lectures Gourmandes2017-06-09 16:00:19Répondre

Je l'ai dans ma PAL ! ;)

https://lecturesgourmandesweb.wordpress.com/

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mademoisellelit2017-06-10 11:13:42Répondre

Bonne future lecture alors ;)

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