Journal d’un amour perdu – Eric-Emmanuel Schmitt

Schmitt Eric-Emmanuel - Éditions : Albin Michel
10 / 10
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Note : 10/10

 

Quatrième de couverture :

« Maman est morte ce matin et c’est la première fois qu’elle me fait de la peine. »

Pendant deux ans, Eric-Emmanuel Schmitt tente d’apprivoiser l’inacceptable : la disparition de la femme qui l’a mis au monde. Ces pages racontent son « devoir de bonheur » : une longue lutte, acharnée et difficile, contre le chagrin. Demeurer inconsolable trahirait sa mère, tant cette femme lumineuse et tendre lui a donné le goût de la vie, la passion des arts, le sens de l’humour, le culte de la joie. Ce texte explore le présent d’une détresse tout autant que le passé d’un bonheur, tandis que s’élabore la recomposition d’un homme mûr qui n’est plus « l’enfant de personne ». Éric-Emmanuel Schmitt atteint ici, comme dans La nuit de feu, à l’universel à force de vérité personnelle et intime dans le deuil d’un amour. Il parvient à transformer une expérience de la mort en une splendide leçon de vie.

 

“Maman est morte ce matin et c’est la première fois qu’elle me fait de la peine. Ce soir, brisé d’avoir tant pleuré, je n’ai pas l’impression qu’elle m’a quitté, plutôt la crainte de l’avoir abandonnée. Je m’inquiète… Où se trouve-t-elle? A-t-elle besoin de moi?”

 

Mon avis :

Comment ne pas parler d’Eric-Emmanuel Schmitt en cette rentrée littéraire 2019 ?! L’auteur qu’on ne présente plus, répond présent chaque année avec un nouveau roman. Les éditions Albin Michel m’ont fait le plaisir de m’offrir les épreuves non corrigées de son dernier ouvrage en mai dernier. Je les en remercie.

Après plusieurs recueils de nouvelles, moult romans et des pièces de théâtre, Eric-Emmanuel Schmitt publie Journal d’un amour perdu, un journal intime écrit suite au décès de sa maman. Nous suivons avec émotion les étapes de son deuil sur une période de deux ans.

Dans ce nouveau récit, le célèbre écrivain sort de sa zone de confort en nous dévoilant un texte personnel et intime sur les jours qui ont suivi la perte de sa mère. Cet écrit, qui n’était pas destiné à être publié à l’origine, a été ensuite retravaillé par l’auteur pour plus de fluidité. Sa plume y est magnifique.

L’émotion est palpable dès les premières lignes, où l’auteur nous arrache quelques larmes. Sa pudeur est mise de côté, laissant place à une mise à nue sincère et saisissante. Le drame qu’il vit n’a rien d’une fiction, Eric-Emmanuel Schmitt baisse les armes du grand romancier, pour devenir l’enfant orphelin et malheureux de ce récit.

Mais Journal d’un amour perdu n’est pas seulement l’histoire d’un fils qui perd sa mère. Suite à ce décès, un questionnement surgit rapidement, enfoui depuis des années dans ses pensées : son père est-il l’homme qui l’a élevé ? La quête de la réponse à cette question est l’un des fils rouges du livre. D’autres douleurs vont venir entacher le chemin de sa reconstruction, de sa renaissance. Mais l’amitié, la passion du théâtre, l’amour inconditionnel de ses animaux, entre autres, vont aider Eric-Emmanuel Schmitt a surmonté cette période difficile.

Je ne cache plus mon admiration pour cet auteur. Chaque nouveau roman est un événement personnel et une émotion particulière. Journal d’un amour perdu ne déroge pas à la règle, ce livre m’a émue aux larmes. Eric-Emmanuel Schmitt se dévoile comme jamais et nous touche en plein cœur. Ses parents ont de quoi être fier. A lire absolument !

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