Miss Islande – Audur Ava Olafsdottir

Olafsdottir Audur Ava - Éditions : Zulma
10 / 10
12Commentaires

Note : 10/10

 

Quatrième de couverture :

Islande, 1963 – cent quatre-vingt mille habitants à peine, un prix Nobel de littérature, une base
américaine, deux avions transatlantiques, voilà pour le décor. Hekla, vingt et un ans, emballe quelques affaires, sa machine à écrire, laisse derrière elle la ferme de ses parents et prend le car pour Reykjavík avec quatre manuscrits au fond de sa valise. Il est temps pour elle d’accomplir son destin : elle sera écrivain. Avec son prénom de volcan, Hekla bouillonne d’énergie créatrice, entraînant avec elle Ísey, l’amie d’enfance qui s’évade par les mots – ceux qu’on dit et ceux qu’on ne dit pas –, et son cher Jón John, qui rêve de stylisme entre deux campagnes de pêche… Miss Islande est le roman, féministe et insolent, de ces pionniers qui ne tiennent pas dans les cases. Un magnifique roman sur la liberté, la création et l’accomplissement. Explorant avec grâce les troublantes drôleries de l’inconstance humaine, Auður Ava Ólafsdóttir poursuit, d’un roman à l’autre, une œuvre d’une grande finesse.

 

 

“Je suis tombée par hasard sur un nid d’aigle quand j’étais enceinte de toi, à cinq mois de grossesse, un creux de deux mètres tapissé de roseaux des sables au bord de la falaise, près de la rivière. Deux aiglons dodus s’y blottissaient, j’étais seule, l’aigle tournoyait au-dessus de moi et de son nid, il battait violemment des ailes, dont l’une était déplumée, mais ne m’attaqua pas. Je supposai que c’était la femelle. Elle me suivit tout du long jusqu’à la porte de la maison, une ombre noire au-dessus de ma tête comme un nuage qui passe devant le soleil. J’avais le sentiment que j’attendais un garçon. Je décidai de le baptiser Orn, Aigle.”

 

Mon avis :

Miss Islande d’Auður Ava Ólafsdóttir patientait dans ma bibliothèque depuis quelques semaines déjà. Il aura fallu un prix littéraire pour que je me décide à le sortir. Pourquoi ne l’ai-je pas fait plus tôt… ?

Hekla a 21 ans lorsqu’elle rejoint la capitale où, elle en est persuadée, l’attend un destin d’écrivaine, de liberté, et de bonheur. Elle y fera des rencontres. Elle recevra des propositions, indécentes parfois, pour gagner de l’argent. Mais surtout, elle y trouvera l’amitié, et elle écrira, encore et toujours.

 

 

Un coup de foudre ne prévient jamais. Je n’ai pas su deviner celui-ci. Auður Ava Ólafsdóttir m’a offert ma plus belle lecture de l’année, peut-être même celle de ces dernières années. Elle m’a fait vivre, dans tous les cas, les émotions les plus fortes à la lecture d’un texte.

Comment vous parler de l’histoire d’Hekla, de ses mots, sans les abîmer ? La jeune islandaise a 21 ans en 1963. Elle rêve de voyage, de carrière d’écrivaine, de féminisme, dans une époque machiste et misogyne. L’auteure en fait une héroïne passionnée, ingénue, surdouée, ouverte d’esprit et combattante. Alors qu’on lui rabâche sans cesse qu’elle pourrait devenir Miss Islande grâce à ses jolies courbes, Hekla avance et trace son chemin. Sa machine à écrire est sa plus fidèle alliée.

Deux autres personnages viennent embellir l’histoire. La meilleure amie d’Hekla est mère au foyer à 23 ans, elle crève d’envie d’écrire elle aussi. Jón John, homosexuel transi, détruit par la violence des Hommes, espère quant à lui s’évader à l’étranger pour vivre librement.

Les mots d’Auður Ava Ólafsdóttir sont emplis de poésie. J’ai été émerveillée. Puis émue. J’ai versé des larmes. J’ai souri. La littérature, l’amitié, l’homophobie, la misogynie, la liberté. L’écrivaine islandaise aborde des thèmes forts dans Miss Islande. Elle développe, d’une main de maître, un texte majestueux. La beauté est omniprésente dans sa plume, pourtant d’une simplicité étonnante. Un chef d’oeuvre littéraire.

Commentaires (6)
Amandine2020-04-27 14:19:05Répondre

Je viens de terminer la lecture de ce livre et je dois avouer que c'est une bonne surprise.
Je n'aurai jamais pensé à l'emprunter à la bibliothèque sans lire ta chronique à son sujet.
Le style littéraire est à part avec beaucoup de douceur et de poésie. Un bon souvenir même si je rejoins une autre lectrice sur le fait qu'il est difficile d'accrocher au début.

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mademoisellelit2020-04-27 14:37:11Répondre

Merci pour ton retour ! J'ai l'impression que c'est commun à beaucoup de personnes le fait de devoir un peu s'accrocher au début du récit pour s'attacher aux personnages et entrer dans l'histoire. Tu as bien fait de t'accrocher alors :)

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Elodie2020-04-10 07:16:55Répondre

J’ai eu la chance d’avoir ce livre au pied du sapin et j’ai trainé à le lire car je ne le finis que maintenant. Dans un premier temps, moi qui suis habituellement attirée par les couvertures acidulées ou les couvertures avec des dessins manière Soledad, celui-là a priori n’aurait pas du m’attirer... et si! Je suis complètement fan des couvertures de cette maison d’édition .
Enfin, quand j’ai lu cette histoire, j’ai fait une sorte de parallèle: c’est comme si j’étais tombée en zappant devant ma télé sur un film où on a l’impression que l’action est un peu morte, l’atmosphère un peu sombre... bref on zapperait direct! Pareil avec ce bouquin: l’action je l’ai trouvée un peu « molle », l’atmosphère ne donne pas trop envie de visiter la capitale islandaise avec la description des longues nuits, du tardif lever du soleil ou des atmosphères brumeuses. Mais au fil de la lecture, on s’attache à Hekla! Sa lutte passive dans cette société misogyne, homophobe, réductrice pour la place de la femme. C’est une battante, une optimiste et bienveillante: elle rayonne dans cette histoire et fait oublier tout le reste!
Comme quoi, les « ambiances » des livres peuvent être qu’un apparat très secondaire que le/les personnages peu(t)vent faire oublier voire disparaître.
Bref une lecture douce malgré cette lutte, apaisante malgré la force du combat mené.
Une superbe pépite! Voilà mon ressenti ;-)

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mademoisellelit2020-04-10 10:26:22Répondre

Merci pour ton avis :) J'ai eu plusieurs retours similaires au sujet de ce livre : un début un peu long, on ne sait pas où veut nous emmener l'auteure et puis finalement, on s'attache à Hekla et on est emporté.

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Parlons fiction2020-01-16 13:31:18Répondre

Après t'avoir découvert grâce à Instagram, je découvre petit à petit ton si joli blog est ses nombreuses chroniques, un pur plaisir.
Je n'ai jamais entendu parler de ce roman, et c'est son titre qui m'a fait cliquer sur ta chronique. Et je dois dire que j'ai bien fait ! Il a l'air à la fois original, audacieux et hors du temps. Je l'ajoute évidemment à ma liste en espérant m'y plonger bientôt !

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mademoisellelit2020-01-16 13:35:28Répondre

Merci pour tes gentils mots. Ce livre est LE coup de cœur 2019 ! Tu devrais adorer ;)

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Lyvia Palay2020-01-02 23:51:09Répondre

Coucou Maïté !
Je t'ai connue grâce à Insta, et j'adore tes chroniques toujours si bien écrites ! Et celle-ci rajoute un roman à ma liste de livres à lire ! J'en profite aussi pour te souhaiter une merveilleuse année pleine de bonheur et de livres !

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mademoisellelit2020-01-03 10:02:13Répondre

Merci pour tes compliments :) Belle et heureuse année à toi. Je serais curieuse et ravie de connaître ton avis après lecture de Miss Islande ;)

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Cécile2019-12-23 16:51:46Répondre

J'adore cette auteure mais je n'ai pas encore lu celui-ci. J'espère qu'il sera au pied du sapin.

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mademoisellelit2019-12-23 17:19:09Répondre

Je l'espère pour toi aussi ! Il est sublime :)

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Histoires de Mots2019-12-20 21:52:43Répondre

Ce livre a l'air très, très beau. Il rejoint ma wishlist.

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mademoisellelit2019-12-22 11:11:45Répondre

Bonne idée ! Il est sublime.

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