Paroles d’honneur – Leïla Slimani & Laëtitia Coryn

Slimani Leïla - Éditions : Les arènes
10 / 10
16 mars 2018
3Commentaires

Note : 10/10

 

Quatrième de couverture :

Leïla Slimani fait la connaissance de Nour, une Marocaine qui lui raconte sans tabou sa sexualité et les tragédies intimes que subissent la plupart des femmes qu’elle connaît.

Ce témoignage poignant, suivi d’autres rencontres à travers le pays, bouleverse la romancière franco-marocaine qui décide de mettre la parole de ces femmes à l’honneur. À travers leurs histoires personnelles, on découvre le drame de la condition sexuelle féminine au Maroc au sein d’une société hypocrite qui condamne le désir et la liberté d’aimer.

Cette BD reportage dépeint sans concession la réalité complexe d’un pays où l’islam est religion d’État et rappelle à chacun de nous l’importance du combat pour les droits fondamentaux de la femme.

“Et même si on a du mal à se faire entendre on ne baisse pas les bras. On ne nous fera pas taire. Ce pays changera! Et j’ai vraiment espoir…”

 

Mon avis :

Ça commence à devenir une petite habitude de chroniquer des bandes dessinées et j’aime ça! Après mon coup de cœur pour les BD Culottées de Pénélope Bagieu, j’avais décidé d’en découvrir d’autres en 2018 et pour l’instant, je poursuis ma résolution 😉

Aujourd’hui je vous parle donc de Paroles d’honneur de Leïla Slimani et Laëtitia Coryn que j’ai adoré!

J’imagine qu’il n’est pas toujours facile de faire passer des messages, de défendre des idées, dans des petites bulles de bandes dessinées. Le pari est réussi à mon sens grâce à ces deux auteures. Le thème principal : le droit des femmes et leurs places dans la société actuelle au Maroc. L’ouvrage retranscrit différents témoignages : des jeunes marocaines qui ont été bafouées, violées, mariées de force ; des personnalités publiques, qui défendent les femmes et essaient de faire avancer les choses dans des émissions de télé, à la radio ou dans les journaux ; mais aussi de marocains qui ont compris que la religion n’y était pour rien dans ces dérives.

Outre les magnifiques illustrations de la bande dessinée, j’ai été touchée par ces “paroles d’honneur”. Comment peut-on en être encore là dans un pays comme le Maroc, à quelques kilomètres de chez nous, en 2018? Certains témoignages m’ont révoltés et choqués. J’ai malheureusement appris des pratiques courantes, humiliantes pour les femmes, et qui contredisent totalement les “consignes” de la religion.

L’ouvrage se termine par des messages d’espoir mais le chemin est encore long. J’ai l’impression que de me procurer cette bande dessinée constitue un acte de résistance contre ces bourreaux. Je vous invite tous à lire Paroles d’honneur et en parler autour de vous, pour que petit à petit, les droits des hommes et des femmes au Maroc (et dans tous les pays d’ailleurs) ne soient plus inégaux.

 

ACHETER LA BANDE DESSINÉE

Commentaires (3)
Christiane Dajuié2018-03-17 11:09:23Répondre

J'ai bien envie de découvrir l'auteure.Beau compte-rendu.

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La Parenthèse Enfantine2018-03-17 09:42:05Répondre

Je ne l'ai pas encore lu mais je vais me le procurer. J'étais impatiente d'avoir ton regard dessus, j'aurais aimé en lire davantage je crois. Je suis allée pour la première fois au Maroc en 2007, et le destin a fait que je me suis liée à ce pays envoûtant et contrariant à jamais. J'ai découvert l'envers du décor avec effroi et surtout révolte. Comment un pays vendu comme enchanteur pouvait cacher une telle misère. J'ai découvert les tréfonds de la médina, comment on y vit... on y survit. Le quotidien de femmes ayant eu des enfants hors mariage. Quand le vernis s'effrite et que la réalité apparaît, c'est un mélange de tristesse, de colère, de révolte et d'abbatement aussi... Ce livre est donc assurément nécessaire.

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Bretelle d'accès2018-03-16 18:05:12Répondre

Bonjour,

J'ai justement terminé cette BD hier soir. Elle est intéressante, mais je n'ai pas trouvé qu'on y apprenait beaucoup de choses nouvelles, hélas. Il suffit de voyager au Maroc pour comprendre qu'effectivement le chemin sera long. Les romans de Leïla Slimani sont de vrais coups de poing, mais on ne retrouve pas à mon goût, l'aspect percutant de ses œuvres dans cette BD-reportage. Peut-être parce que je l'ai lue juste après "Trop n'est pas assez", d'ulli Lust, que j'ai trouvé beaucoup plus fort sur le machisme méditerranéen.

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