Profession du père – Sorj Chalandon

Chalandon Sorj - Éditions : Grasset
5Commentaires

Quatrième de couverture :

“Mon père disait qu’il avait été chanteur, footballeur, professeur de judo, parachutiste, espion, pasteur d’une Église pentecôtiste américaine et conseiller personnel du général de Gaulle jusqu’en 1958. Un jour, il m’a dit que le Général l’avait trahi. Son meilleur ami était devenu son pire ennemi. Alors mon père m’a annoncé qu’il allait tuer de Gaulle. Et il m’a demandé de l’aider.
Je n’avais pas le choix.
C’était un ordre.
J’étais fier.
Mais j’avais peur aussi…
À 13 ans, c’est drôlement lourd un pistolet.”
S. C.

 

Profession de Sorj Chalandon, écrivain.

Aujourd’hui, en prenant la plume pour vous parler de Sorj Chalandon, se mêle en moi un léger sentiment d’appréhension et de challenge. Celui qui a été nommé MonsieurLit par l’une d’entre vous, l’homme qui partage ma vie comme je pourrais le dire pudiquement, est un fan absolu du travail de l’auteur. C’est lui qui, lorsque je lui demandais par quel titre commencer, me conseilla Profession du père. Et lors de ma lecture, je voyais son œil excité se poser sur moi, curieux et pressé de connaître mon avis.

Vous l’aurez remarqué, je peine à me lancer. Je brode, pensant pouvoir retarder le moment. Une idée me vient d’ailleurs à l’esprit : et si nous l’écrivions ensemble cette chronique ? Confronter les points de vue, discuter, échanger, réfléchir au mot juste… Pas sûre que cela soit une bonne idée pour notre couple ! Mais peut-être pourrait-il me guider, sur les intentions de son écrivain préféré, la qualité de sa plume, et la présence de son histoire personnelle quelle que soit l’œuvre qu’il entreprend ?

Il l’a d’ailleurs fait en amont de ma découverte. MonsieurLit m’a rappelé que Sorj Chalandon, à travers la voix d’un enfant de douze ans, raconte les années 60 et le désir de certains de voir l’indépendance de l’Algérie proclamée. Pour d’autres, très déterminés à conserver l’Algérie française comme le père du narrateur, il est important de combattre ou, du moins, de faire croire qu’on milite… Emile pense son papa membre de l’OAS, ami du général De Gaulle et des Américains. Le jeune garçon est ébahi par le courage de ce patriarche au passé exemplaire. Ancien footballeur, parachutiste, professeur de judo ou encore chanteur, son père s’invente mille vies pour mieux camoufler la sienne, ennuyeuse et malheureuse.

 

 

“Nous n’étions que nous, ma mère et moi. Lorsque le cerceuil de mon père est entré dans la pièce, posé sur un chariot, j’ai pensé à une desserte de restaurant. Les croque-morts étaient trois. Visages gris, vestes noires, cravates mal nouées, pantalons trop courts, chaussettes blanches et chaussures molles. Ni dignes, ni graves, ils ne savaient que faire de leur regard et de leurs mains. J’ai chassé un sourire. Mon père allait être congédié par des videurs de boîte de nuit.”

 

Peut-être mon conjoint a-t-il été touché par ce petit garçon battu, enfant asthmatique, utilisé par son père pour mener des actions contre le gouvernement. Peut-être a-t-il ressenti l’aspect autobiographique du récit, et imaginé l’enfance du petit Sorj Chalandon, au côté de cet homme violent, autoritaire et menteur. Personnellement, il m’a fallu un peu de temps pour entrer dans l’histoire et être émue par ce destin.

Ce dont je peux témoigner en revanche, c’est son admiration pour l’écriture de l’auteur. Il aime sa précision et son don à raconter et manier notre langue française. J’ai été moins enthousiaste, trouvant, par des phrases concises, son style un peu abrupt.

Je sais dorénavant pourquoi j’étais anxieuse à l’idée d’argumenter sur Profession du père. L’exercice aurait été mieux réussi de la main de MonsieurLit. En espérant un coup de cœur pour l’homme de lettres, je me suis détachée du texte et je n’ai pu en apprécier toute son essence. J’aurais adoré vous décrire mon émotion et vous dire à quel point j’ai hâte de lire ses autres romans. Mais on ne choisit pas un coup de foudre. Et encore moins une déception.

 

Avez-vous déjà lu cet auteur ?

Commentaires (2)
Lore2021-11-18 18:42:00Répondre

C'est toujours difficile quand on n'apprécie pas un livre qu'un proche nous a chaudement recommandé mais ce n'est pas si grave au fond, on a le droit de ne pas être touché par les mêmes choses ! Je comprends ton malaise mais je suis contente que tu ne travestisses pas ton avis pour nous plaire ! Concernant Chalandon, je vais manquer d'originalité en disant que le Quatrième Mur m'a bouleversée

Répondre



mademoisellelit2021-11-19 09:02:06Répondre

C'est une valeur importante pour moi. Quel que soit le contexte, privé ou professionnel, si je n'aime pas un livre, je me justifie et ne triche pas. ;) Mon conjoint a également lu Le Quatrième mur donc je tâcherai de lui piquer pour me faire ma propre idée.

Répondre



Serialectrice.com2021-11-13 10:51:07Répondre

Je n'ai jamais lu Sorj Chalandon, et j'étais curieuse de voir ton avis, car c'est effectivement un grand nom de la littérature. Me voilà un peu refroidie, mais je pense le lire quand même, histoire de me faire mon propre avis (je suis souvent déçue par les coups de coeur des autres, donc l'inverse peut aussi être vrai).

Répondre



mademoisellelit2021-11-18 09:03:29Répondre

Suite à mon post Instagram au sujet de ce livre, beaucoup m'ont recommandé Le quatrième mur de Chalandon. Peut-être peux-tu commencer par celui-ci ;)

Répondre



Serialectrice.com2021-11-23 08:06:25Répondre

Ah super, merci beaucoup. Je vais regarder ça.

Répondre




Ajouter un commentaire