Suzanne – Frédéric Pommier

Pommier Frédéric - Éditions : Equateurs
8.5 / 10
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Note : 8.5/10

 

Quatrième de couverture :

« Elle aimait les voyages, la vitesse, le tennis, les fêtes de famille et les soirées parisiennes. Elle rêvait d’être comédienne et de voir New York. Elle a traversé le siècle, la Seconde Guerre, les épreuves de la vie. Elle a enduré la solitude et les deuils, avec une conviction chevillée au cœur : en toutes circonstances, il faut faire bonne figure et garder le sourire. A quatre-vingt-quinze ans, après une énième chute, Suzanne s’est résignée à s’installer dans un Ehpad, un établissement pour personnes âgées dépendantes. Infantilisée, humiliée parfois par un personnel débordé, elle s’étonne de ne bénéficier que d’une douche par semaine, trouve les journées bien longues et la nourriture immangeable. Depuis qu’elle a quitté son domicile, elle a perdu vingt kilos et moi, quelques grammes d’humour car Suzanne, c’est ma grand-mère. »

 

 

Mon avis :

Avec sa couverture en noir et blanc, son titre évocateur du passé, et l’éloge du journaliste Patrick Cohen sur son bandeau commercial, le livre de Frédéric Pommier n’allait pas rester – j’en étais persuadée – bien longtemps dans ma pile à lire. Les éditions Pocket ont vu juste en m’envoyant par surprise cette nouvelle parution.

Suzanne a 95 ans et vit dans un EHPAD depuis quelques temps. Elle n’y est pas très épanouie, elle végète et manque d’échange au quotidien. Avant d’en arriver là, Suzanne a vécu, bien vécu même. Frédéric Pommier, son petit-fils, nous déroule les 95 années de sa vie.

 

“Suzanne voit le jour rue de la Solitude. A Sainte-Adresse, la station balnéaire du Havre. Le 5 juin. Un lundi de Pentecôte. A six heures du matin. C’est un très gros bébé. Joseph et Louise, ses parents, ont fait connaissance quatre ans plus tôt au téléphone.”

 

Au début, on se dit “encore un livre sur une vieille personne qui ne veut pas mourir” ! La nourriture infâme des centres pour personnes âgées, le personnel impatient et débordé, qui se décharge sur les pauvres locataires. Le manque de sorties, de visites, de vie sociale en somme. Suzanne y a droit. Frédéric Pommier se presse vite de nous l’indiquer dans son récit. Alors, encore un témoignage de plus sur cette vieillesse dont on ne veut pas entendre parler ?

Suzanne, c’est bien plus que cela. Le passé de la vieille dame resurgit rapidement sous la plume de l’auteur. 1922, Suzanne vient au monde. Par des phrases courtes et incisives, l’écrivain nous rappelle que le temps défile. Les années courent, l’une après l’autre et Suzanne se construit. Le présent, triste et inévitable, refait parfois surface dans les mots de Frédéric.

Femme libre et amoureuse, nous découvrons, dans cette héroïne, une dame cultivée. Suzanne est mère de famille, employée, grande joueuse de bridge et de tennis. Elle allie tout cela avec perfection, sans vraiment être consciente du bonheur qui l’entoure. “On reconnaît le bonheur au bruit qu’il fait quand il s’en va”, disait Prévert. Le poète avait raison.

L’histoire de Suzanne m’a beaucoup touché. Même si j’ai un peu tardé à m’attacher à son personnage, je suis ressortie très émue de ma lecture. A de nombreux moments, les mots de Frédéric Pommier m’ont rappelé la vie de ma grand-mère, née en 1922 comme Suzanne. L’auteur signe un ouvrage plein de tendresse et d’émotion, que je vous recommande.

 

Commentaires (1)
Mathilde2020-02-04 16:03:29Répondre

Ca a l'air émouvant.

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mademoisellelit2020-02-04 16:12:18Répondre

Il l'est oui ;)

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