Les habitantes, Pauline Peyrade : Mon avis

Peyrade Pauline - Éditions : Editions de Minuit
0Commentaires

Le pitch ?

Mi-juin, Emily est avisée par lettre de la prochaine mise en vente de la maison qu’elle occupe, héritée de sa grand-mère Moune.

Cette bâtisse au cœur de la forêt, Emily l’habite seule, avec sa chienne Loyse.

Le courrier provient de son père Y., et l’informe d’un délai de trois mois à réception de l’avis du notaire, pour se manifester.

Dans la chaleur de l’été et face au silence de l’habitante, les missives se multiplient.

 

 

Ce que je n’ai pas aimé

  • un texte en mouvement : le ton des lettres reçues par Emily laisse imaginer une situation familiale conflictuelle. Au fil de l’été, l’héroïne les ignore, poursuivant son travail chez Aude, propriétaire de la ferme voisine. Récit de la fuite, Les habitantes dépeint une femme qui erre d’une habitation à l’autre, accompagnée de sa chienne. Pauline Peyrade décrit trois protagonistes en perpétuel mouvement, dont l’ennui semble être la seule occupation. Du haut de la colline, le temps est long pour ces trois héroïnes. L’attente d’un dénouement se fait ressentir.
  • un style métaphorique : ce sentiment de déplacement constant, cité précédemment, est dû à la plume ultra-descriptive de l’écrivaine. À trop vouloir raconter dans le détail, Pauline Peyrade en oublie son propos. Le roman est une succession de descriptions, sur la nature, le corps, l’animal. L’histoire, intéressante de prime abord, s’efface aux dépens d’une langue qui n’émeut pas.
  • une intrigue inachevée : et de cette écriture singulière découle un scénario stagnant, répétitif et dont l’autrice ne nous offre qu’un aboutissement flou. Reste aux lecteur.rices de se construire leur propre fin… Tout ça pour ça !

 

 

En bref, une déception à la hauteur de l’engouement général sur le plateau de La Grande Librairie lors du passage de la romancière il y a quelques semaines. Au manque d’empathie et d’émotion ressenties à la lecture du livre s’ajoute la sensation d’être passée à côté de quelque chose.

 

Mots-clés : nature, forêt, chienne, lettre, fuite, famille, héritage

Une citation : « Une chauve-souris vole autour du toit, plonge dans la haie du jardin. Ses oreilles feuilles regardent, festin cumulé sur la vitre, pattes, poudres, trompes, ailes.
La chasseresse s’élance, battements de cuir, figure effroi, se cogne à la lumière. Elle pique vers la cheminée, se heurte à l’éclat du lampadaire, bifurque, retourne se cacher. »

Quelques mots sur l’autrice : Pauline Peyrade est une écrivaine française, née en 1986. Son premier roman, L’Âge de détruire, paru aux Éditions de Minuit en 2023, remporte le prix Goncourt du premier roman la même année. Publié en janvier dernier, Les Habitantes est son second roman.

À lire aussi : par la présence de la chienne, le livre de Pauline Peyrade m’a rappelé l’émouvant hommage de Gabrielle Filteau-Chiba à sa coyote disparue dans Louve en juillet. Je vous parlais de cette lecture par ici.

 

_________________

Ce roman vous tente ?

Commentaires (0)

Ajouter un commentaire




Warning: Use of undefined constant nam - assumed 'nam' (this will throw an Error in a future version of PHP) in /home/mademoispr/www/__app/public/themes/mine/functions/_timber-twig.php on line 81