Le discours – Fabrice Caro

Caro Fabrice - Éditions : Gallimard
8.5 / 10
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Quatrième de couverture :

Tu sais, ça ferait très plaisir à ta sœur si tu faisais un petit discours le jour de la cérémonie.” C’est le début d’un dîner de famille pendant lequel Adrien, la quarantaine déprimée, attend désespérément une réponse au message qu’il vient d’envoyer à son ex. Entre le gratin dauphinois et les amorces de discours, toutes plus absurdes les unes que les autres, se dessine un itinéraire sentimental touchant et désabusé, digne des meilleures comédies romantiques. Un récit savamment construit où le rire le dispute à l’émotion.

 

Du film au livre

Oui, oui, vous avez bien lu : du film au livre et non l’inverse ! Une fois n’est pas coutume, c’est l’adaptation cinématographie du roman de Fabrice Caro vue le mois dernier, qui m’a amenée à lire Le discours. J’ai adoré le jeu d’acteur de Benjamin Lavernhe et l’humour présent tout au long du film. Mais passer de l’image à l’écriture, c’est une première, et je craignais d’être déçue…

Quelle idée que ce repas de famille ! Adrien, dont la petite amie lui a imposé une “pause” il y a 38 jours, et qui, de surcroît, ne prend pas la peine de répondre à son dernier SMS, reçoit une drôle de proposition de la part de son beau-frère. Entre le gratin dauphinois et la tarte aux poires, Ludo lui demande de préparer un discours pour le jour de leur mariage. Premièrement, Adrien n’a jamais eu aucune complicité avec sa sœur et s’interroge sur ce dont il va pouvoir dire sur scène. Deuxièmement, il est très préoccupé par ce texto envoyé à Sonia à 17h24, lu par la destinataire à 17h56, et resté sans réponse à l’heure actuelle… Ce n’était peut-être pas le bon moment pour lui parler de ça…

 

 

“Je prononcerai ce discours à une condition, Ludo, une seule : que tu arrêtes de faire grincer ta fourchette dans ton assiette. Je pourrais tuer pour ça. Il y a des codes, Ludo, sinon c’est le bordel. Sept milliards de névrosés essayant de vivre ensemble, se faisant croire que c’est possible, qu’on ne tue pas pour un grincement de fourchette dans l’assiette, qu’on ne quitte pas son amoureux parce qu’il fait du bruit en buvant son café.”

 

D’abord perturbée par les images du film qui me revenaient à l’esprit durant ma lecture, j’ai été embarquée par l’univers de Fabcaro et son héros attachant. Alors qu’Adrien dîne chez ses parents, aux côtés de sa sœur et son futur mari, il rumine sur sa chaise en réfléchissant à ce qui a pu empêcher son ex de répondre à son message. Et depuis que Ludo est venu l’embêter avec son idée de discours, ses pensées divaguent entre les mots qu’il pourrait prononcer sur scène, et ses souvenirs heureux avec Sonia.

Derrière un caractère égocentrique, dépressif et immature se cache un homme de quarante ans, blessé par son énième rupture sentimentale, et profondément amoureux. L’auteur dresse le portrait d’un personnage un peu barré, qui manque de confiance en lui et dont on devine toute la tendresse. Si les différents épisodes racontés sont plein d’humour, l’émotion devient palpable au fil du récit.

Le film est très fidèle au roman, tant sur les dialogues que sur le ton décalé employé par Fabrice Caro. Évidemment, il est toujours difficile de reproduire toutes les scènes dans leur intégralité lorsqu’un livre est adapté, mais vous ne serez pas déçus, je crois. 😉

Le discours, c’est le soleil qui manque à notre été.

 

Et vous, quelle adaptation ciné me recommandez-vous ?

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