Pandorini – Florence Porcel

Porcel Florence - Éditions : La Grenade
7 / 10
11 janvier 2021
2Commentaires

Quatrième de couverture :

Pandorini, monstre sacré du cinéma français, vient de mourir. Le monde médiatique s’agite. Sur les plateaux télé, les commentateurs se succèdent, on raconte, on rend hommage. Une femme se souvient. L’acteur hante ses pensées depuis quatorze ans. Elle en avait dix-neuf, elle commençait sa vie d’adulte en douceur, portée par ses rêves. Pandorini lui en a vendu. Lui en a volé, aussi. Elle n’a jamais oublié.
Bientôt, les langues vont se délier et la jeune femme va réaliser qu’elle n’a pas vécu une histoire d’amour. Elle était sous emprise.

Avec une écriture sincère, vive, à fleur de peau, Florence Porcel plonge la plume dans la plaie. Elle s’inspire d’un épisode de sa vie pour raconter la destruction de l’innocence d’une jeune adulte par un homme de pouvoir.

 

Cher… Pandorini ? Jean-Yves ? Je n’ai jamais utilisé votre prénom. Je ne vous ai jamais tutoyé, non plus. Et si c’était le moment ou jamais ? Qui ne dit mot consent, il paraît, alors je prends votre silence pour un “oui”. Tu n’es pas très causant, dans ton au-delà, dis. Je suis sous le choc. Quatorze ans que tu ne quittes pas mes pensées, tu disparais sans crier gare et je ne sais plus comment t’appeler.

 

Mon avis :

Première parution des éditions La Grenade cette année, Pandorini de Florence Porcel est en librairie depuis le 6 janvier. L’actrice et chroniqueuse s’est inspirée de sa propre expérience pour nous livrer ce roman.

Avril 2018, toutes les chaînes d’infos et les journaux s’alarment suite au décès de Jean-Yves Pandorini, géant du cinéma français. La presse s’emballe alors qu’une jeune femme, de l’autre côté de son écran, est inconsolable. Avec la disparition de l’acteur, les langues se délient. Des soupçons de viols et d’agressions sexuelles se multiplient. Pandorini, l’adoré, le vénéré, était-il ce manipulateur et ce prédateur, comme le clament aujourd’hui les journalistes ?

 

 

Plus qu’un cri de colère, Florence Porcel lâche un cri de rage dans son premier récit. Derrière l’histoire brutale de sa narratrice, on devine aisément les blessures passées de l’auteure. Son texte donne la parole aux médias, omniprésents dans le livre. Florence imagine des extraits d’interviews radios, de coupures de presse, de passages TV dans lesquels la culpabilité du comédien décédé est interrogée.

En miroir, la protagoniste principale se confie sur sa rencontre avec Pandorini, et ces années d’oubli, de déni. Tel un chemin de croix, la jeune femme, brisée par la mort de son bourreau, doit prendre conscience de la violence des actes reçus, et comprendre la gravité de la situation. La libération de la parole médiatique semble l’aider dans son parcours.

Avec sincérité, l’écrivaine dénonce des actes encore trop présents dans le milieu artistique. Son roman fait évidemment écho à la vague #metoo et #balancetonporc parue en 2017. Elle interpelle aussi le rôle des médias, des journalises, des personnalités, qui prennent régulièrement la parole sur le sujet. Si j’ai trouvé les 245 pages un peu longues et entêtantes, je salue le courage de Florence Porcel et son travail d’écriture. La littérature est aussi là pour dénoncer, interroger, et bousculer les codes.

 

Commentaires (1)
Carole2021-01-12 12:07:06Répondre

Un sujet d'actualité qui m'intéresse ! Bravo à l'auteure et merci Maïté pour cette découverte !

Répondre



mademoisellelit2021-01-12 13:44:20Répondre

C'est le livre qui peut en effet parfaitement te plaire !

Répondre




Ajouter un commentaire