Quand la ville s’éteint – Julia Pialat

Pialat Julia - Éditions : La Grenade
7 / 10
25 août 2021
2Commentaires

Quatrième de couverture :

Cobra, la vingtaine, a grandi dans le quartier de Strasbourg – Saint-Denis à Paris. Il partage son temps entre l’épicerie de son père, le bar Chez Jeannette, l’écriture de son premier album de rap et l’envie farouche de réussir. Il n’a aucun contact, pas d’argent, juste son enthousiasme, et se donne un an pour percer. Un jour, il fait la rencontre de Chérif, un ancien producteur de raï en déshérence, qui accepte de mettre à disposition son studio d’enregistrement. Leur amitié va tout bousculer. Armé d’un style bouillonnant et d’une énergie à 140 pulsations par minute, Quand la ville s’éteint mêle rap, électro et raï pour raconter le destin de Cobra, déchiré entre ses origines populaires et ses rêves de gloire. C’est aussi le portrait d’un quartier en proie à une gentrification sauvage, devenu fief de la production artistique, et celui d’une génération qui cherche sa place sur une scène musicale où l’on passe de l’ombre à la lumière en un rien de temps. Et inversement.

 

Quand la ville s’éteint et que le jukebox s’allume…

Quelques notes sur l’auteure, en quatrième de couverture, m’indiquent : “Julia Pialat est née en 1993. Passionnée de musique, elle a fait des études de sociologie.” Rien d’étonnant, me dis-je, après la lecture de son premier roman. Quand la ville s’éteint paraît aujourd’hui, aux éditions La Grenade.

Rien d’étonnant, donc, car le livre traite à la fois de musique et propose un état des lieux d’une partie de lasociété urbaine. Dans son quartier de Strasbourg – Saint-Denis, Cobra rêve de grandeur, de rap, de sons, d’écriture et de gloire. En attendant, le jeune homme tient l’épicerie familiale, en alternance avec son frère. Il passe tout son temps libre Chez Jeannette, le café du coin. Mais s’il s’ennuie dans ce quotidien subit, il cherche LA rencontre, le piston, le signe du destin qui le fera basculer dans le monde de la musique.

Au hasard d’une livraison, Cobra se rend chez Chérif, un ancien producteur de Raï, rapidement impressionné par le don du jeune garçon. Après des années de désert, le vieil homme pourrait bien jouer son dernier coup de poker en misant sur la fraîcheur de Cobra et ses amis…

 

 

“En ce temps-là, Strasbourg – Saint-Denis bruissait encore de l’énergie chaotique des quartiers populaires. C’était peu de temps avant que le quartier se fasse sauvagement gentrifier la gueule. Les boucheries halal donnaient encore du tu aux coiffeurs algériens. Les blédards se réunissaient devant les magasins de téléphonie mobile détenus par les Pakistanais. […] Les salons de coiffure afro avaient pignon sur rue. Salon de la tresse, Palais de la mèche, Prestige Beauté, Saint-Esprit Cosmétique, Gloire à Dieu coiffure.”

 

Quelle diction ! La langue de Julia Pialat est une musique, comme celle évoquée dans son roman. Dans une écriture punchy et ultra-contemporaine, l’auteure plonge son récit au cœur de la capitale, rythmé au son des basses et des enceintes. Que l’on adhère ou pas au style, – j’ai eu, je dois l’avouer, un léger moment d’adaptation – le combat livré par Cobra et ses amis est attendrissant. Avec pertinence, Julia décrit cette jeunesse moderne, désireuse de s’en sortir, et admiratrice du succès fulgurant de certains de leurs acolytes. Tik Tok, Instagram, Youtube, etc. Tous surfent sur la vague Internet, pour exposer leur talent.

De part un jargon pointu et de nombreuses métaphores musicales, je me suis parfois éloignée du texte et de l’histoire. Si je reconnais un vrai travail d’écriture et une ambiance marquée pour ce premier roman, je crois ne pas me reconnaître dans la ville et la société dépeintes par Julia Pialat. Quand la ville s’éteint s’adresse aux jeunes des nuits parisiennes, aux amoureux de la musique électro, aux ultra-connectés, aux passants des rues de Strasbourg – Saint-Denis, aux nostalgiques du Raï ou des années disco, aux DJ amateurs ou professionnels, et à ceux qui rêvent de lumière. Vous en faites partie ?

 

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Commentaires (1)
Eline - @meslivresdepoche2021-08-27 10:50:56Répondre

Coucou, je ne connaissais pas mais il a l'air très sympa et tes mots donnent envie de le découvrir :)

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mademoisellelit2021-08-30 08:54:55Répondre

J'en suis ravie :)

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