Quelque chose à te dire, Carole Fives : Mon avis

Fives Carole - Éditions : Gallimard
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Quatrième de couverture :

Elsa Feuillet, jeune écrivaine, admire l’œuvre de la grande Béatrice Blandy, disparue prématurément. Cette femme dont elle a lu tous les livres incarnait la réussite, le prestige et l’aisance sociale qui lui font défaut. Lorsque Elsa rencontre le veuf de Béatrice Blandy, une idylle se noue. Fascinée, elle va peu à peu se glisser dans la vie de sa romancière fétiche, et explorer son somptueux appartement parisien – à commencer par le bureau, qui lui est interdit… Jeu de miroirs ou jeu de dupes ?

 

 

Des faux airs de Rebecca.

Intriguée par notre quasi-homonymie, et nos racines que je devine similaires, il y a longtemps que je voulais découvrir la plume de Carole Fives. A l’occasion de cette rentrée littéraire, l’autrice m’a gentiment envoyé Quelque chose à te dire, paru le 25 août dernier aux éditions Gallimard.

Émue par la disparition récente et prématurée de son écrivaine préférée, Elsa Feuillet décide de lui dédier son dernier ouvrage. Une seule phrase en en-tête du livre, “A Béatrice Blandy, trop tôt disparue“, et Elsa se voit contacter par le veuf de l’autrice quelques semaines plus tard. La jeune femme est invitée à le rencontrer, dans l’appartement parisien du couple. Très vite, une relation étrange se forge entre la fan et l’époux affecté.

Pourquoi cet homme, plus âgé, plus cultivé pense-t-elle et plus aisé, s’intéresse-t-il à Elsa ? Que cherche-t-il ? Les interrogations vite balayées, l’héroïne voit en cette rencontre un signe du destin. Victime de la page blanche depuis des mois, ses visites dans l’antre de son admiratrice ne peuvent que la galvaniser. Elsa en est persuadée, le bureau de Béatrice, jusque-là interdit d’accès, renferme un secret bien gardé, et la clé pour trouver le succès.

 

 

“Elsa Feuillet admirait Béatrice Blandy. C’était une écrivaine dont elle pouvait relire les romans chaque année, sans jamais se lasser. Plus que l’histoire, car il n’y avait pas vraiment d’histoire dans ses livres, ce qu’elle aimait, c’était l’écriture, incisive, le regard qu’elle posait sur le monde. Elsa Feuillet se retrouvait dans chacune de ses pages, dans chacun de ses personnages. […] Lire Béatrice Blandy donnait à Elsa Feuillet l’impression de mieux se comprendre elle-même, c’était une petite voix qui l’entraînait et lui disait, “regarde les choses sous cet angle et vois comme la vie est différente ainsi, plus intense, plus vraie…”.”

 

Parfois peu convaincue par les tournures de phrase et le ton du texte, je l’ai été beaucoup plus sur le fond de l’histoire et le huis-clos proposé par Carole Fives. Un climat angoissant, inquiétant, rappelant celui de Manderley dans Rebecca de Daphné du Maurier, ne quitte jamais le récit. La tension monte, laissant présager le pire. L’écriture de l’autrice tient en haleine, dans des chapitres courts et efficaces.

La romancière dresse le portrait d’une femme naïve, obsessionnelle, manipulable. Une protagoniste qui agace, finalement touchante.

Si j’ai aimé la part de mystère, j’ai longtemps cru à un roman plat et sans rebondissement. Sur les dernières pages, Carole Fives étonne, livrant un final inespéré et bluffant. Je n’ai su deviner cette ultime péripétie, et félicite l’écrivaine pour ce jeu de passe-passe avec le lecteur.

Quelque chose à te dire se démarque par sa noirceur et son suspense, peu présents en cette rentrée.

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Avez-vous déjà lu Carole Fives ?

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Commentaires (1)
Sabrina2022-09-29 16:15:13Répondre

Je connais l'auteure de nom mais je ne l'ai jamais lu. Je suis tentée par celui-ci. Je te dirais si je le lis.

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mademoisellelit2022-10-03 10:14:50Répondre

Avec grand plaisir !

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