La porte du ciel, Eric-Emmanuel Schmitt : Mon avis

Schmitt Eric-Emmanuel - Éditions : Albin Michel
7 décembre 2021
6Commentaires

Quatrième de couverture :

Le héros miraculeux d’Éric-Emmanuel Schmitt poursuit sa traversée sur le fleuve du temps. Après le Néolithique, le voici plongé dans une nouvelle enquête au cœur de l’Orient ancien… Noam cherche fougueusement celle qu’il aime, enlevée dans d’étranges conditions. Flanqué de son chien, il découvre un monde en pleine mutation, la Mésopotamie, autrement appelée le Pays des Eaux Douces, où les hommes viennent d’inventer les villes, l’écriture, l’astronomie. À Babel, cité bruyante et colorée, belle de jour comme de nuit, il affronte le tyran Nemrod. Celui-ci, en recourant à l’esclavage, construit la plus haute tour jamais conçue qui constituera la porte du ciel et donnera accès aux Dieux. Ruses, manigances, chausse-trapes. Dans un chassé-croisé d’intrigues, Noam le guérisseur s’introduit dans tous les milieux et fait d’étonnantes rencontres : Maël l’enfant poète, le mystérieux Gawan appelé le Magicien, la reine Kubaba, étourdissante d’intelligence et d’espièglerie, Abraham, chef des nomades hébreux, lui refuse la nouvelle civilisation. Que choisira Noam ? Sacrifiera-t-il ses inclinations profondes pour se consacrer à la lutte contre les injustices ?

 

Tour de Babel et Mésopotamie.

La tâche ne va pas être simple : chroniquer un second tome sans rien vous révéler du premier ! Moi qui ne lis jamais les quatrièmes de couverture, je ne tiens pas à vous spoiler l’histoire avant d’entamer votre lecture. Alors je relève le défi et je compte sur vous pour me dire à la fin de mon article si : 1) je vous ai donné envie de lire La traversée des temps et 2) si vous en avez déjà trop appris en me lisant. 😉

Après mon coup de cœur pour Paradis perdus en début d’année, et une relecture avec plusieurs d’entre vous fin novembre pour me remettre dans le bain, je n’ai pu résister à la tentation d’enchaîner avec La porte du ciel. Retrouver Noam, le narrateur attachant de cette saga magistrale, me réjouissait !

Le temps n’affecte plus le jeune homme depuis le Déluge et le violent orage l’ayant rendu immortel. Les siècles ont passé, Noam se réveille au cœur de la Mésopotamie, le Pays des Eaux douces, où la civilisation prend vie. Alors que le mauvais sort lui arrache la femme qu’il aime, Noam – tel Santiago, le berger de Paulo Coelho à la recherche de son trésor – part à sa quête et, sur son chemin, multiplie les rencontres… D’abord un chien, puis Gawan le Magicien, Maël l’enfant, la reine Kubaba ou son descendant Abraham. Notre héros finira-t-il par retrouver son amour ?

 

 

“Ce fut d’abord le vacarme. Proche, serré, continu, un roulement m’assourdissait, formé de couches graves, certaines feutrées, d’autres tonitruantes, toutes transpercées d’éclats aigus. Ce fut ensuite l’humidité. Tel un linge moite, une nappe de fraîcheur m’enveloppa, dont une goutte heurta ma lèvre ; par réflexe, ma langue la récupéra et cette perle liquide descendit dans le ravin de ma gorge, lourde, énorme, plus bienfaisante qu’une outre entière de vin. Enfin ce fut la lumière, ou plutôt son halo, quand j’ouvris les paupières sur un brouillard de vapeurs bleuâtres.”

 

Avec sa créativité et sa maîtrise des mots, Eric-Emmanuel Schmitt nous entraîne dans un récit de près de 600 pages, aux nombreuses surprises et rebondissements. Si l’on suit le même personnage central, l’univers de ce deuxième opus est bien différent. Après la préhistoire et la réécriture de l’arche de Noé, l’auteur nous propulse en Orient ancien, parmi les milliers d’esclaves ayant bâti la Tour de Babel. A travers les aventures de son protagoniste guérisseur, il nous raconte l’évolution de la médecine, la naissance de l’écriture, le début du commerce.

Moins sensible aux thèmes traités dans La porte du ciel, j’admire toujours autant le long travail de fourmi effectué par l’écrivain et retranscrit principalement dans les notes de bas de page. A nouveau, le texte est instructif et reflète les enjeux capitaux de notre ère actuelle. Eric-Emmanuel Schmitt en fait un roman écologiste, féministe, percutant et engagé.

La sortie de ce tome 2 (La traversée des temps contiendra 8 tomes) est pour beaucoup l’occasion de découvrir Paradis perdus. Une belle idée de cadeau à l’approche des fêtes pour les lecteurs fans de l’écrivain, passionnés d’Histoire ou amateurs de saga littéraires.

 

Alors, défi relevé ?

 

Commentaires (3)
Marie Françoise Schmitt2021-12-19 13:37:01Répondre

Sur vos conseils, j'ai découvert cet auter avec "Mr Ibrahim et les fleurs du Coran " que j'ai aimé, je vais offrir ces deux volumes à mon " monsieur lit" . Il y a un article dans le point de cette semaine et il m'en a parlé en me disant " je ne connais pas cet auteur ". Je les lirai donc à un moment ou à un autre.... je vous souhaite de belles fêtes de fin d'année.

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mademoisellelit2021-12-20 10:39:12Répondre

Je cours lire cet article !
Belles fêtes à vous également Marie-Françoise.

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Amandine2021-12-10 10:03:23Répondre

J'ai lu le premier tome avec grand plaisir. Pour le moment je ne me suis pas encore véritablement penchée sur ce 2e tome, beaucoup d'autres lectures m'obligeant à repousser cette lecture. Mais sur bien des points, j'ai l'impression de retrouver un peu de Christian Jacq (auteur et égyptologue) dans cette saga : poésie, mythes, croyances ... Un savant mélange qui, je l'espère, pourra conquérir encore bien des lecteurs, ou en tout cas amener le débat et la discussion !

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mademoisellelit2021-12-13 09:17:08Répondre

Je proposerai une lecture commune en 2022 pour motiver les troupes ;)

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Sabrina2021-12-08 09:07:08Répondre

J'ai lu avec grand plaisir le premier tome et j'étais déjà motivée à lire le second. Ta chronique me pousse à courir en librairie dès aujourd'hui !

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mademoisellelit2021-12-08 14:33:43Répondre

J'en suis plus que ravie :) Tu me diras si tu as autant aimé ce second tome !

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