Le jardin arc-en-ciel – Ito Ogawa

Ogawa Ito - Éditions : Philippe Picquier
9 / 10
16 septembre 2021
4Commentaires

Quatrième de couverture :

Izumi, jeune mère célibataire, rencontre Chiyoko, lycéenne en classe de terminale, au moment où celle-ci s’apprête à se jeter sous un train. Quelques jours plus tard, elles feront l’amour sur la terrasse d’Izumi et ne se quitteront plus. Avec le petit Sosûke, le fils d’Izumi, elles trouvent refuge dans un village de montagne, sous le plus beau ciel étoilé du Japon, où Chiyoko donne naissance à la bien nommée Takara-le-miracle ; ils forment désormais la famille Takashima et dressent le pavillon arc-en-ciel sur le toit d’une maison d’hôtes, nouvelle en son genre. Il y a quelque chose de communicatif dans la bienveillance et la sollicitude avec lesquelles la famille accueille tous ceux qui se présentent : des couples homosexuels, des étudiants, des gens seuls, des gens qui souffrent, mais rien de tel qu’un copieux nabe ou des tempuras d’angélique pour faire parler les visiteurs ! Tous repartiront apaisés. Et heureux. Pas à pas, Ogawa Ito dessine le chemin parfois difficile, face à l’intolérance et aux préjugés, d’une famille pas comme les autres, et ne cesse jamais de nous prouver que l’amour est l’émotion dont les bienfaits sont les plus puissants.On réserverait bien une chambre à la Maison d’hôtes de l’Arc-en-ciel !

 

L’amour, sous toutes ses formes.

La vie est une succession de petits bonheurs, et le mien cette année est d’avoir découvert la poésie d’Ito Ogawa. En lisant La papeterie Tsubaki il y a quelques mois, j’entrais dans un nouveau monde, celui proposé par l’auteure japonaise. Depuis, il y a eu La république du bonheur, et, plus récemment, Le jardin arc-en-ciel.

Chiyoko n’a que 19 ans lorsqu’elle décide de mettre fin à ses jours en se jetant sous un train. Ce jour-là, la main de Sôsuke l’effleure sur le quai de la gare. Par son geste anodin, le jeune garçon enclenche un tsunami dans la vie de l’adolescente, lui faisant très vite oublier son triste projet. Ce tsunami, c’est Isumi. Mère de Sôsuke, quadragénaire et divorcée, Isumi tombe follement amoureuse de Chiyoko, au dépens de leur différence d’âge et du qu’en-dira-t-on…

Avec ce roman, Ito Ogawa ouvre les portes colorées de la liberté, de l’acceptation, de l’inclusivité et du bonheur familial sous toutes ses formes. L’histoire est simple : Chiyoko est une jeune femme de 19 ans et elle aime une autre femme, Isumi, maman d’un petit garçon adorable. Ils désirent tous les trois vivre ensemble, et accueilleront bientôt la petite Takara, faisant d’eux la famille Takashima. Avec poésie, l’écrivaine rappelle que l’amour est le sel de la vie.

 

 

“Lorsqu’elle m’a appelé pour la deuxième fois, je me suis rendu compte que je tenais la main de la jeune fille par la main. Troublé, j’ai vite lâché sa main. Mon cœur s’est mis à cogner, comme s’il tapait des pieds. Soudain, j’avais du mal à respirer, la gorge sèche. La main que j’avais retirée de celle de la jeune fille était toute moite. Exactement comme si je tenais serrées dans mon poing les larmes qui coulaient sur ses joues. Le vacarme des trains qui passaient étouffait le son de ses sanglots, mais je suis sûr qu’elle pleurait.”

 

Les quatre héros de ce récit ne réclament pas la richesse, la réussite ou la célébrité. Maintenant qu’ils gèrent la maison d’hôtes de L’arc-en-ciel dans un petit village excentré, ils sont heureux en accueillant les touristes et les gens de passage. Leur fortune est faite de rencontres, de discussions, et d’échanges autour d’un bon repas. C’est ainsi qu’ils ont trouvé leur harmonie, après des mois compliqués à faire accepter leur foyer atypique.

Tour à tour, chaque membre de la famille Takashima prend la parole, nous contant les épreuves – belles ou plus difficiles – qu’ils ont à traverser. Par cette structure narrative, Ito Ogawa nous inclut dans leur quotidien et rend chacun de ses personnages plus attachants.

Avec beauté, Ito Ogawa déploie un roman tendre et puissant sur l’amour, néanmoins loin des contes de fées. Un petit bonbon, frais et acidulé, si appréciable en littérature. A goûter et à partager !

 

Avez-vous déjà lu les romans d’Ito Ogawa ?

Commentaires (2)
Entre les lignes - Lucie2021-09-19 07:49:40Répondre

Merci pour ce superbe article. J’ai découvert l’autrice en voyageant au Japon à travers la papeterie Tsubaki et je suis tombée sous le charme simple et doux de sa plume. J’ai lu aussi Le restaurant de l’amour retrouvé que j’ai adoré aussi. J’espère lire très vite la République du bonheur qui vient de rejoindre mon étagère. Quand à ce livre dont tu nous parles….. j’aimerais beaucoup le lire, vraiment

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mademoisellelit2021-09-28 09:23:07Répondre

Elle a une vraie poésie et elle mérite d'être lue par tous :) N'hésite pas à revenir nous dire par ici ce que tu as pensé de ce livre si tu le lis ;)

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Serialectrice.com2021-09-18 21:23:00Répondre

Il a l'air bien sympa, encore ce livre. J'ai fini la papeterie Tsubaki, et même si ce n'est pas un coup de coeur, ce fut tout de même une belle découverte et je lirai très certainement les autres romans d'Ogawa Ito

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mademoisellelit2021-09-28 09:27:12Répondre

Celui-ci est complètement différent, tu verras. Par ses thèmes, il se rapproche d'un roman occidental je trouve.

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