La dernière allumette, Marie Vareille : Mon avis

8Commentaires

Quatrième de couverture :

Depuis plus de vingt ans, Abigaëlle vit recluse dans un couvent en Bourgogne. Sa vie d’avant ? Elle l’a en grande partie oubliée. Elle est même incapable de se rappeler l’événement qui a fait basculer sa destinée et l’a poussée à se retirer du monde. De loin, elle observe la vie parisienne de Gabriel, son grand frère dont la brillante carrière d’artiste et l’imaginaire rempli de poésie sont encensés par la critique.
Mais le jour où il rencontre la lumineuse Zoé et tombe sous son charme, Abigaëlle ne peut s’empêcher de trembler, car elle seule sait qui est vraiment son frère…
Un roman captivant, brillamment construit, à la fin aussi imprévisible que bouleversante et dont les personnages inoubliables offrent une voix aux enfants qui grandissent confrontés à la violence des adultes.

 

Un scénario renversant

Finaliste du Prix Maison de la Presse, La dernière allumette de Marie Vareille m’a donné une belle leçon. Persuadée que l’histoire ne m’emballerait pas, j’étais pleine d’appréhension à l’idée de la lire. Si mon rôle de jurée m’a appris une chose en trois ans, c’est que le coup de cœur est souvent là où on ne l’attend pas… Huitième roman de Marie Vareille, La dernière allumette est paru en mars aux éditions Charleston.

Enfermée dans le silence d’un couvent en Bourgogne depuis 27 ans, Abigaëlle tente de se rappeler son enfance. Si sa mémoire a effacé une partie des souvenirs du passé, le présent de son frère Gabriel, depuis sa rencontre avec la belle Zoé, la hante… Les failles familiales auront-elles de lourdes conséquences sur la jeune femme ? Le danger peut-il être évité ? L’internement d’Abigäelle l’empêche d’intervenir…

 

 

“Quand on commence à mentir à son entourage ou à taire certains événements, je crois que c’est le signe qu’il y a un problème. Au fond, on ment parce qu’on a honte d’avouer la vérité. Et on ne devrait jamais avoir honte de ce qu’on accepte par amour. Si on éprouve le besoin de mentir, c’est sans doute qu’on a eu tort de l’accepter.”

 

Une fois n’est pas coutume, je n’ai rien vu venir : ni la lourde thématique du roman – je ne vous révélerai rien ici mais avouez que la couverture laisse présager une lecture réconfortante ; ni la mécanique infaillible du script de Marie Vareille – ou l’art de déconstruire toutes les croyances du lecteur ; ni le coup de cœur magistral reçu de plein fouet.

Bref, sous des faux airs de roman “léger”, La dernière allumette de Marie Vareille abat les cartes des clichés et autres certitudes en tout genre. Les fils se dénouent lentement vers un twist final inattendu. L’autrice joue, déstabilise son lecteur, déployant un texte haletant, impossible à lâcher. J’ai aimé être perturbée et titillée, comme rarement en littérature.

Au-delà du page turner, Marie Vareille s’attaque avec brio à un grave sujet de société. Touchée par le récit d’Abigaëlle, j’ai failli verser une larme ou deux en refermant l’ouvrage. Loin du feel good, La dernière allumette est le roman abouti d’un hommage à la vie.

 

A lire aussi : Aux côtés du titre de Marie Vareille dans la sélection finale du Prix Maison de la Presse, j’ai beaucoup aimé également le premier roman de Yann Le Gal, Les enfants perdus de Brocéliande, dont je vous parlais il y a quelques jours.

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Allez-vous lire ce livre ?

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Commentaires (3)
Anne2024-06-10 21:29:32Répondre

Excellente chronique ! Tu dépeins exactement ce que j’ai ressenti à la lecture de ce roman.
Si j’avais connu le thème avant, je ne l’aurais sans doute jamais ouvert.
Marie Vareille m’a fait sortir de mes habitudes, m’a embarquée et j’ai totalement plongé dans l’histoire.
Et chez moi les larmes sont sorties

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mademoisellelit2024-06-11 09:24:32Répondre

Merci. :) Ravie de savoir que ce roman t'a beaucoup plu également !

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Morgane2024-06-07 22:35:46Répondre

J'ai adoré ce livre !! Ce que j'aime vraiment dans les romans de Marie vareille c'est cette façon où nous essayons de voir où on va aller dans la.lecture et finalement pas du tout ! C'était le même sentiment pour la vie révée des chaussettes orphelines.
Ce sont les deux meilleurs que j'ai lu de cette auteur ainsi que le syndrome spaghetti que j'ai lu juste après qui est tout aussi génial !

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mademoisellelit2024-06-10 09:07:44Répondre

C'est marrant, je n'ai pas du tout le même souvenir pour Les chaussettes orphelines. Je n'avais pas apprécié ma lecture à l'époque. Ravie que ce roman t'ait plu en tout cas.

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Amandine2024-06-04 08:28:12Répondre

Un roman qui m'a l'air bouleversant dans tous les sens du terme ! En plus de L'Inconnue du portrait (que j'ai adoré), j'avais aussi repéré ce livre mais sans passer le cap de sa lecture (il faut dire que j'avais alors tellement de livres à lire). Mais tes mots si poignants ont achevée de me convaincre ! Je cours en librairie découvrir cette pépite !

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mademoisellelit2024-06-07 11:57:07Répondre

J'ai hâte d'avoir ton retour de lecture Amandine !

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Amandine2024-06-13 16:54:00Répondre

Chère Maïté, je pense que je n'aurai pas suffisamment de mots pour exprimer mon ressenti sur ce roman ! Un roman bouleversant, un sujet profondément traité et traité avec réalité, justesse, force et fragilité à la fois. Un récit profondément touchant et impactant ! Dans certaines situations, je me suis reconnue ... Et les larmes n'étaient parfois pas loin ! Sans aucun doute ma plus belle lecture à ce jour de l'année 2024 et qui mérite sa place de finaliste du Prix Maison de la Presse 2024 !

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mademoisellelit2024-06-14 09:23:18Répondre

J'espère que l'autrice lira tes mots si touchants Amandine. Peut-être lui as-tu transmis ton ressenti via les réseaux ? Ravie que ce livre t'ait à ce point plu. Et merci de faire vivre le blog grâce à ta présence active ici.

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