Le Restaurant de l’amour retrouvé, Ito Ogawa : Mon avis

Ogawa Ito - Éditions : Philippe Picquier
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Quatrième de couverture :

Une jeune femme de vingt-cinq ans perd la voix à la suite d’un chagrin d’amour, revient malgré elle chez sa mère, figure fantasque vivant avec un cochon apprivoisé, et découvre ses dons insoupçonnés dans l’art de rendre les gens heureux en cuisinant pour eux des plats médités et préparés comme une prière. Rinco cueille des grenades juchée sur un arbre, visite un champ de navets enfouis sous la neige, et invente pour ses convives des plats uniques qui se préparent et se dégustent dans la lenteur en réveillant leurs émotions enfouies. Un livre lumineux sur le partage et le don, à savourer comme la cuisine de la jeune Rinco, dont l’épice secrète est l’amour.

 

La reconstruction par le partage.

Lorsque l’on repère de jolies choses, l’envie de les partager s’invite en nous. En 2021, je découvrais la plume d’Ito Ogawa et son roman La papeterie Tsubaki. Quelques mois plus tard, m’apprêtant à lire Le restaurant de l’amour retrouvé, je vous proposais de m’accompagner, espérant secrètement vous contaminer à la poésie de l’écrivaine.

En rentrant chez elle après une journée de travail au restaurant turc où elle est employée, Rinco trouve son appartement totalement vide. Les meubles, vêtements, photos et souvenirs ont disparu. Son petit ami est parti et a emporté jusqu’à la nourriture avec lui. Sous le choc, la jeune femme perd la voix et décide de fuir. Elle part retrouver son village natal, et sa mère qu’elle n’a pas vue depuis plus de dix ans…

Arrivée sur place, Rinco fait la connaissance d’Hermès, le cochon domestiqué par sa mère et retrouve son vieil ami Kuma. Rapidement, l’idée d’ouvrir son propre restaurant l’anime. Aidée par la générosité de son copain d’enfance, Rinco concrétise son projet.

 

 

“Quand je suis rentrée à la maison après ma journée de travail au restaurant turc où j’ai un petit boulot, l’appartement était vide. Complètement vide. La télévision, la machine à laver et le frigo, jusqu’aux néons, aux rideaux et au paillasson, tout avait disparu. Un instant, j’ai cru que je m’étais trompée de porte. Mais j’avais beau vérifier et revérifier, c’était bien ici, le nid d’amour où je vivais avec mon petit ami indien. La tache en forme de cœur, abandonnée sur le plafond, en était la preuve irréfutable.”

 

Qu’il est bon de goûter à nouveau à la plume d’Ito Ogawa ! Univers inimitable, écriture sensible et histoires de renaissance, l’autrice japonaise a ses secrets pour nous livrer un roman d’exception. A l’image de ses héroïnes en reconstruction, la structure narrative (identique à celle de La papeterie Tsubaki) invite à l’apaisement, au calme, au temps. Dans un monde où tout s’accélère, il est aussi rare en littérature de donner un espace à ces récits contemplatifs. C’est cette audace qui me plaît chez Ito Ogawa.

Dans un parcours sans embûche jusque ici (j’ai lu trois de ses ouvrages avant d’entamer celui-ci), ce livre me laisse tout de même un goût amer. Pour cause, une scène atypique difficilement supportable pour la végétarienne que je suis. Et pour avoir recueilli vos avis dans le groupe de lecture commune, je sais que je ne suis pas la seule.

Mais la beauté surpasse toujours et l’histoire de Rinco mérite d’être connue. La jeune femme se consacre pleinement à son rôle de cuisinière. Chaque plat est étudié en fonction du convive qu’elle reçoit. Rinco y verse l’amour qu’elle ne peut plus donner à son ex petit ami.

Au moment de refermer le roman, les larmes s’inviteraient presque, entre émotion du texte et tristesse de quitter Le Restaurant de l’amour retrouvé.

 

Vous prenez la parole…

Au-delà de mon ressenti, je partage avec vous quelques retours des lectrices ayant partagé cette lecture commune avec moi.

Delphine :C’est doux, c’est plein de bons sentiments. C’est bien écrit ! Le personnage de Rinco est tellement attachant.

Anne :J’ai découvert un roman vers lequel je ne me serais jamais tournée toute seule et qui m’a beaucoup plu. J’ai aimé la pudeur et la poésie du récit.

Sandrine :J’ai passé de très agréables moments en compagnie de Rinco moi aussi ! La douceur du récit et la poésie des créations culinaires m’ont fait voyager.

Mélanie :Pour moi ce livre a été une lecture agréable, pas un coup de cœur, mais une parenthèse douce avec de belles descriptions. Il a un côté poétique, calme, doux, j’ai beaucoup apprécié le côté transmission des savoirs culinaires, respect et souvenirs fondamentaux de l’enfance. Rinco a un lien affectif à travers la cuisine. Pour elle, faire à manger est vraiment un moment de partage de bonheur.

 

Et vous, qu’en avez-vous pensé ?

Commentaires (7)
Ludivine2022-06-12 21:22:07Répondre

Bonsoir Maïté !
Un petit retour car je viens de terminer ce livre que tu avais beaucoup aimé plusieurs fois et conseillé
J’ai vraiment aimé ce livre,
c’est une bulle de douceur, il y a de la poésie dans l’écriture et dans la façon dont Rinco cuisine. A travers ce don pour la cuisine elle s’intéresse aux gens, elle les comprends et les aiment. c’est vraiment beau et en tant que lectrice que j’ai complètement ressenti.
J’ai énormément pensé à toi à la lecture de la « dernière scène » d’Hermes.
Personnellement j’ai ressenti que c’était fait avec beaucoup d’amour mais malgré tout ça m’a dérangé…l’idée et le détail très cru de cette scène.
mais ceci dis j’ai adoré ce livre, une pure merveille
le prochain sera la république du bonheur ✨

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mademoisellelit2022-06-13 10:06:41Répondre

Merci pour ton retour détaillé Ludivine ! J'ai été choquée par la scène dont tu parles. J'ai compris après coup que ça faisait partie de la culture nippone mais pour nous occidentaux c'est très bizarre. Ravie que tu aies apprécié la lecture en tout cas. Et attention à avoir lu La papeterie Tsubaki avant de te lancer dans La République du bonheur. ;)

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Marine2022-03-07 21:22:27Répondre

Je viens de le finir ! Une découverte pour ma part (j'ai également la papeterie de Tsubaki dans ma PAL).
J'ai apprécié la lenteur du récit tout en émotions et descriptions (je l'ai dévoré page après page tout en appréciant cette lenteur). La description allait un peu loin pour moi aussi concernant Hermès, même si cela apportait du réalisme, c'était dur.

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mademoisellelit2022-03-08 09:03:10Répondre

Merci pour ton retour. Tu retrouveras cette lenteur dans La papeterie Tsubaki. ;)

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Sabrina2022-02-28 10:18:17Répondre

Je ne connais pas encore la plume de cette auteur mais tu m'as convaincue ! Jolie chronique au passage.

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mademoisellelit2022-02-28 11:35:17Répondre

Merci beaucoup !

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Geraldine2022-02-28 08:18:25Répondre

Hello Maïté. Deuxième livre de cette auteur pour moi après la Papeterie Tsubaki. Une nouvelle parenthèse japonaise que j'ai beaucoup aimé. J 'aime le voyage proposé par l'auteur dans sa culture mais sans forcément passer par le voyage au sens propre. Dépaysement assuré pour la Sudiste que je suis
Merci pour tes partages.

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mademoisellelit2022-02-28 09:37:06Répondre

Si tu as aimé La papeterie, je t'invite à lire La république du bonheur. C'est sa suite. ;)

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Gaëlle2022-02-25 13:52:32Répondre

Bonjour Maïté. Je te suis sur Insta depuis quelques mois et découvre en ce moment la littérature japonaise à travers "La papeterie Tsubaki". Si l'histoire peut paraître simpliste, je trouve le texte lumineux. Il me vient à l'esprit des cerisiers en fleurs sous un ciel bleu. Cette douceur est nécessaire par les temps qui courent... Cette chronique me donne envie de lire les autres livres de l'auteur. Très belle journée. Gaëlle

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mademoisellelit2022-02-25 15:31:27Répondre

Merci Gaëlle. Je trouve que l'autrice a le don pour nous raconter des choses simples avec poésie et beauté.

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Stéphanie2022-02-25 07:12:26Répondre

Coucou Maïté, je suis en train de lire ce livre. J'ai un gros coup de cœur pour cet auteur. Hâte de le finir pour en ouvrir un nouveau!!!

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mademoisellelit2022-02-25 15:30:23Répondre

C'est une autrice pour info ;) Contente que ça te plaise autant ! Je te recommande La papeterie Tsubaki ensuite.

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Stéphanie2022-02-24 18:21:11Répondre

Hello maïte. J'ai connu la littérature japonaise grâce au club de lecture. Je t'avoue que mon avis est assez mitigée. Même si c'est poétique et sensible,.. je n'accroche pas trop..le fait qu'il n'y ai quasiment pas de dialogue m a déroutée.. et puis la scène finale m'a tellement choquée que je n'ai pas pu finir le livre..mais je ne lâche pas j'ai dans ma pal la papeterie tsubaki que j'ai envie de lire. Et puis pas de risque de ce type de scène.. :) bisous Stéphanie

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mademoisellelit2022-02-25 15:29:37Répondre

Je comprends Stéphanie. Je suis curieuse d'avoir ton avis sur La papeterie Tsubaki. Je l'ai trouvé bien plus poétique et beau.

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