Mademoiselle Papillon – Alia Cardyn

Cardyn Alia - Éditions : Robert Laffont
8 / 10
2Commentaires

Quatrième de couverture :

Gabrielle, 30 ans, infirmière, s’occupe de grands prématurés dans un service de néonatologie intensive. L’univers de la jeune femme s’est réduit aux quelques mètres carrés de sa salle, la salle 79, où elle glisse lentement dans l’indifférence, lorsqu’elle découvre l’histoire de Mademoiselle Papillon.
En 1920, dans une France ravagée par la Première Guerre mondiale, cette infirmière de la Croix-Rouge est envoyée au dispensaire de Vraignes-en-Vermandois. Alors qu’elle tente de mener à bien sa mission, la vision des enfants qui succombent dans la rue l’obsède. Une ambition se forme et prend bientôt toute la place : elle doit bâtir une maison pour les protéger.
Lorsqu’elle franchit le seuil de la sublime abbaye de Valloires, Mademoiselle Papillon est convaincue d’approcher son rêve.

 

“Dans ce qui se rapproche le plus du silence dans une grande ville, les premiers rayons du soleil jouent avec la façade des immeubles. Comme souvent, après la fin de ma garde, j’ai eu besoin de fuir. Aujourd’hui, tout le monde cherche un sens à sa vie. Moi, j’avance à contre-courant. En quittant mes bébés, je cherche l’éphémère, la légèreté, la futilité même. Je m’échappe quelques heures dans un de ces clubs à la mode.”

 

Mon avis :

A l’heure où le personnel soignant est acclamé pour son courage et sa force devant l’épreuve de la Covid-19, Alia Cardyn publie Mademoiselle Papillon aux éditions Robert Laffont. Une fiction qui reprend l’histoire d’une infirmière reconnue “Juste parmi les Nations” pour son travail auprès des enfants de 1922 à 1976.

Gabrielle est infirmière dans un service de néonatologie intensive, où elle s’occupe des grands prématurés, dans la salle 79. Célibataire, la jeune femme s’use au travail, donnant tout son temps à ces bébés, et s’oubliant un peu. Alors qu’elle déjeune avec sa mère romancière, celle-ci lui tend le dernier manuscrit qu’elle vient d’achever, l’invitant à le lire sans plus tarder. Gabrielle se plonge dans ces feuillets, qui l’emportent en 1920 dans la vie de Mademoiselle Papillon…

 

 

Comme un miroir au roman de Valérie Perrin, Les oubliés du dimanche, lu récemment, le récit d’Alia Cardyn met en reflet deux histoires de femmes, à cent ans d’intervalle. Deux héroïnes, infirmières, au don de soi extraordinaire. Gabrielle, trente ans, tremble pour ses nourrissons dans cette salle 79, où la vie et la mort se chamaillent à toute heure. Thérèse Papillon, employée de la Croix-Rouge, se battra dès 1920 pour obtenir un lieu de vie pour les enfants les plus démunis. Sa voix portera et ils seront recueillis au cœur de l’abbaye de Valloires, toujours en action aujourd’hui.

Grâce au destin et au combat de Mademoiselle Papillon, Gabrielle, fatiguée et parfois découragée, se relève. Le caractère admirable de sa prédécesseur lui donne l’énergie d’avancer. Et les mots rédigés par sa mère enfouissent peut-être un message plus personnel

Après avoir suivi les recherches de l’auteure sur les réseaux sociaux, ses entretiens et son travail d’écriture autour de ce roman, l’émotion ressentie à l’époque à travers l’écran est palpable dans sa plume. Alia Cardyn déploie un texte touchant, léger, pour lequel les plus sensibles ne pourront retenir quelques larmes. J’ai aimé apprendre l’existence de Mademoiselle Papillon et fus impressionnée par sa détermination face à l’ennemi. Mais ce sont les convictions et la fragilité de Gabrielle qui m’ont le plus interpellée. J’aurais même apprécié que l’écrivaine développe davantage à son sujet.

Mademoiselle Papillon est indéniablement le plus profond, le plus abouti et le plus réussi des trois livres que j’ai lus de l’auteure belge. Vivement le prochain… 😉

Et vous, qu’avez-vous pensé de Mademoiselle Papillon ?

Commentaires (1)
Carole2021-06-29 18:33:46Répondre

Oh! En voilà une histoire qui doit être belle et touchante. Je me sens si concernée , sûrement l'écho avec mon histoire personnelle de maman. Un livre qui va finir sur ma PAL. Merci Maïté

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mademoisellelit2021-07-02 12:07:30Répondre

Bonne lecture alors ;)

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